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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 19:40

PhotobucketRoman italien, lu par 1001Amethyst, Journal d'une lectrice, Léo.

Site de l'auteur: http://www.mattiasignorini.it.

 

... ou passer à côté de plein de choses? Choisir, c'est exclure, et telle est l'une des leçons de "La Symphonie du temps qui passe", deuxième roman de Mattia Signorini, qui vient de paraître aux Presses de la Cité dans une traduction de Françoise Brun.

 

En s'embarquant dans ce récit d'une vie humaine (celle de Green Talbot, personnage central), le lecteur pourra avoir l'impression que l'auteur s'est proposé de faire mieux, en termes de philosophie de vie, que le Paulo Coelho de "L'Alchimiste". Objectif que l'auteur atteint dans une certaine mesure, force est de le dire. Certes, c'est une manière d'aborder la vie que l'auteur illustre à travers un parcours présenté comme exemplaire - avec en filigrane le souci de développer une philosophie du quotidien à destination du grand public.

 

L'auteur parvient à enrichir son propos en le nimbant d'un zeste de fantastique naïf qui lui donne des airs de conte initiatique. Il y a d'abord ce village anglais de Tranquillity, que personne ne connaît et dont personne n'est supposé sortir. Il y a aussi l'étrange chien géant qui hante la forêt, Grof, dont on ne voit d'abord que le regard inquiétant. Enfin, il y a le fait que Green Talbot a le talent de converser avec les oiseaux, chardonnerets, goélands, albatros, corbeaux. Saura-t-il voler en fin de récit? L'élément fantastique est particulièrement présent au début du récit, qui relate l'enfance du personnage principal, comme si l'explication merveilleuse pouvait éclairer, mieux que la raison enfantine, certaines situations.

 

La richesse du récit tient aussi à un certain ancrage dans une époque: le vingtième siècle, de la Première guerre mondiale à la chute du Mur de Berlin. Les événements historiques ne sont toutefois le plus souvent qu'un élément de décor plutôt flou qu'on perçoit de loin. A ce titre, les personnages historiques ne sont guère nommés que par des périphrases, s'ils sont évoqués.

 

Philosophie du quotidien? Chez Mattia Signorini, elle est constituée par un esprit un peu "Yes We Can" qui permet à Green Talbot de converser avec les oiseaux, de nager avec les poissons dans l'Océan Atlantique, de quitter un village synonyme de cocon familial tranquille qu'il faut bien quitter à un certain âge même s'il en coûte, de s'unir sur le tard à la femme de sa vie, de monter des affaires florissantes. Elle met aussi l'accent sur les rencontres, en les présentant comme particulièrement inattendues: Green Talbot fréquente aussi bien des oiseaux que des humains, et ceux-ci exercent parfois des professions improbables. Enfin, il y a le refus de l'immobilisme, régulièrement illustré par la progression à pied, sur deux jambes qui en paraissent parfois plus.

 

Pour sa narration, l'auteur privilégie des chapitres courts qui donnent à ce livre une structure aérée et rapide, au risque de paraître superficiel. Riche de ses idées, ce roman l'est assurément; il reste cependant bref, volontiers agréable mais finalement un peu trop gentil, trop aimable, infantilisant par moments, pour donner véritablement l'impression d'une leçon de vie. Après tout, même si tout n'est pas tout joli tout beau dans son existence (il n'a pas de descendance, il fait la guerre), bien des amertumes et revers sont quand même épargnés à Green Talbot...

 

Bien essayé donc, de la part de l'auteur; mais avec au final une sensation d'inabouti pour cette symphonie.

 

Mattia Signorini, La symphonie du temps qui passe, Paris, Presses de la Cité, 2010.

 

Défi du pour-cent littéraire: 6/7.

Roman lu dans le cadre de l'opération Babelio Masse Critique. Merci également aux Presses de la Cité!

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commentaires

Pascale 28/09/2010 20:52


c'est un titre que j'avais retenu lors de la rentrée littéraire, la couverture déjà puis le titre, semblaient réserver un bon moment de réflexions philosophiques, il semblerait qu'il manque un peu
de consistance à l'ensemble, toutefois je pense le lire quand même, je suis curieuse d'entendre cette symphonie, sera-t-elle à mon goût, sera-t-elle me séduire, l'Alchimie de cohelo, j'avais aimé
sans plus, au final je n'ai rien retenu d'essentiel.


Daniel Fattore 29/09/2010 20:05



Ce roman est vite lu; mais effectivement, côté philosophie de vie, il manque un peu de consistance pour convaincre tout à fait, à mon humble avis. Cela dit, je te souhaite de passer un agréable
moment avec Green Talbot et son petit monde! Et en effet, la couverture est exquise.  



Marie 28/09/2010 13:10


Dommage ! La conclusion de ton billet me fait hésiter pour ce livre...


Daniel Fattore 28/09/2010 20:16



Celui-là, en revanche, ne m'a pas vraiment convaincu, en dépit de ses richesses... mais d'autres blogolecteurs ont beaucoup aimé!



Véro. 27/09/2010 22:54


Même si les points soulevés dans ce beau billet sont fondés et pertinents, ils ne m'ont pas dérangés car j'ai été emportée par la fraicheur de ce roman...


Daniel Fattore 28/09/2010 20:17



... perso, j'ai eu du mal, sans doute en raison de la naïveté du propos.



Amethyst 27/09/2010 21:47


Merci d'avoir ajouter un lien vers mon blog, je vais de ce pas en ajouter un vers le votre :)
Très belle critique !!
J'ai beaucoup aimé ce livre...


Daniel Fattore 28/09/2010 20:22



Vu le lien - merci beaucoup à vous!
Perso, je n'ai pas été convaincu; mais... à chacun ses goûts! Là, je suis déjà dans quelque chose qui me parle davantage.



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