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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 20:02

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La perpétuelle, amis oenophiles, vous connaissez? Laissons le viticulteur présenter lui-même ce procédé ancestral de vinification, qu'il a remis au goût du jour en 2003:

 

Dans le temps, on appelait ça la perpétuelle. C'était une barrique, une cuve, ou plusieurs, d'où l'on tirait chaque année du vin à boire avant de l'ouiller - de refaire les niveaux si vous préférez - avec des jus de la dernière vendange. Et ainsi, millésime après millésime, le vin nouveau était "initié" par le vin vieux...

 

Procédé étonnant pour les habitués de millésimes bien sériés, puisque cette méthode empêche, c'est évident, la production de vins millésimés; l'étiquette, fort originale, le signale du reste explicitement. L'absence de millésime empêche par ailleurs de décompter les années qui passent avant d'espérer une dégustation optimale, mais promet un voyage immémorial dans le temps. Le producteur ne se mouille du reste pas trop, suggérant que ce vin peut être apprécié dans les 2 à 8 ans suivant la mise en bouteille - on a donc le temps de l'oublier dans sa cave, et de s'en ressouvenir au moment opportun. Le résultat de cette démarche vinicole est un Corbières AOP produit par la cave de Castelmaure (11360 Durban-Corbières, Aude), à base de syrah (25%), de grenache noir (40%) et de carignan (35%).

 

C'est donc par curiosité, intrigué par le procédé, que j'ai acheté une bouteille de ce vin rouge chez le caviste "Le Verre Galant" de Saint-Etienne (6, rue François-Gillet) au printemps dernier. Et que je l'ai goûtée...

 

... et la surprise est là: d'un côté, on se dit que c'est un vin facile à boire agréable, un vin de copains - peu lassant en dépit de ses 14,5% d'alcool, sans doute en raison de sa finesse. Et de l'autre, il est étonnamment difficile de le caractériser! Si je devais utiliser un qualificatif, ce serait "féminin": de la rondeur et de la douceur, comme, sous les doigts, la sensation d'une peau tendrement caressée. Le bouquet révèle des odeurs de mûres ou de myrtilles. Au goût, ce vin n'a rien d'épicé, ou si peu (cumin, peut-être?), ni d'outrageusement acide. Sa rondeur et sa douceur sont agréables, pas du tout écoeurantes, et concourent à un équilibre discret. Au final, force est de constater que la "Perpète" est courte en bouche: discrétion toujours! J'en garde l'excellent souvenir d'un vin de caractère délicat, qui a par ailleurs l'élégance de ne jamais s'imposer.

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commentaires

J
Non, pas goûté " à perpète ! ".<br /> Déjà dégusté d'autres cuvées de Castelmaure (très correctes mais rien de transcendant) mais pas celle-ci...
D
<br /> <br /> Elle vaut le coup, à mon humble avis!<br /> <br /> <br /> <br />
J
Yessssssssss !<br /> Procédé appelé aussi Solera et utilisé par de nombreux vignerons dont des champenois illustres (Boulard, Sélosse par ex)
D
<br /> <br /> Yess, en effet! Merci pour ces précisions!<br /> Concernant cette "perpète", je m'attendais à quelque chose de plus pataud; c'est vraiment un vin agréable à boire... en as-tu goûté? Qu'en as-tu pensé?<br /> <br /> <br /> <br />
A
Ouf, j'ai eu peur de te savoir embastillé...
D
<br /> <br /> Ah non, pas encore... ;-)<br /> <br /> <br /> <br />
E
Je ne connaissais pas du tout ce procédé!!!!
D
<br /> <br /> Merci de votre commentaire, Edmée!<br /> J'avoue que je ne connaissais pas non plus le procédé avant de découvrir cette bouteille; mais le résultat est probant, même s'il peut surprendre au premier abord!<br /> <br /> <br /> <br />

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