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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 22:27

PhotobucketFrankie Ventana est de retour dans le monde du livre! Avec "Les années d'innocence", elle invite le lecteur à passer un peu de temps dans un bref roman (moins de 100 pages) à l'esthétique dépouillée. Grosse nouvelle ou petit roman, cependant? Du fait que ce dernier opus occupe tout un volume, nous opterons pour la deuxième réponse.

 

Cela, même si l'auteur développe, dans son propos, toute une esthétique consommée de l'esquisse. L'auteur n'a en effet besoin que d'un minimum d'éléments pour tracer le portrait de ses personnages - deux garçons et une fille, qui vivent leurs ultimes retrouvailles à Amsterdam, avant que la vie, ou la mort, ne se charge de les séparer définitivement. Un bref chapitre initial permet de découvrir la création du lien qui doit les unir alors qu'ils sont encore à l'école. Par cooptation, Paul et Sam décident d'adopter la narratrice, dont le nom est présenté comme imprononçable - un défaut qui peut être rédhibitoire dans une école. Tope-là!

 

On ne pourra pas grand-chose de plus de ces personnages, de ces ombres pourrait-on dire, à l'instar de celles qui figurent avec pertinence sur les photos de Pénélope Gabaix-Hialé qui illustrent l'ouvrage. Pas grand-chose, si ce n'est que tout le monde, dans le trio, est artiste, et que Paul et Sam sont des amis proches, ce qui fait de la narratrice, parfois, une sorte de pièce rapportée, de "tiers inutile" - ce que le texte ne manque pas de relever, même si le rapprochement entre Sam et la narratrice paraît possible. Le lecteur est-il invité à rencontrer un groupe de parias de l'école monté en graine, parvenu à tracer sa route? Possible - mais l'auteur ne développe guère cette piste, préférant dévoiler l'histoire de la dernière rencontre du trio, qui constitue l'essentiel du propos du roman.  

 

L'ouvrage laisse également planer l'ombre de certaine maladie qui s'est fait connaître du grand public au début des années 1980; introspectif à l'occasion, il ne recule pas devant la narration de souvenirs (la figure de Mamychka) et de sensations vécues, que l'on ne ressentira plus. L'innocence jette donc ses derniers feux sur les rives de l'Amstel! Pleines de non-dits, devenues difficiles peut-être, les relations entre les trois représentants du trio prennent ainsi un goût d'amertume que l'auteur peint avec talent.

 

Quarante ans? Force est de constater que le temps de l'innocence est terminé. Sans doute s'est-il achevé sans que les personnages de ce récit ne s'en rendent pleinement compte, si ce n'est par quelque intuition. Telles des ombres, les personnages passent ainsi - comme passent les années, comme s'évanouissent les souvenirs.

 

Frankie Ventana, Les années d'innocence, Paris, Kyklos, 2010.

 

Le blog de l'auteur: http://lestribunationsdefrankie.20minutes-blogs.fr/

Le site de l'éditeur: http://www.kykloseditions.com

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commentaires

Kyklos Editions 15/04/2010 15:07


Merci M. Fattore pour votre critique à laquelle je trouve, un quelque chose de désenchanté qui rime assez bien avec ses années... En tout cas, le clair-obscur de ces années, vous avez su nous le
restituer.


Daniel Fattore 15/04/2010 22:00



Je vous en prie! Ce fut un plaisir. Encore merci pour la confiance témoignée.



Vanounyme 15/04/2010 12:19


Beau billet, mais je ne suis pas sûre d'être tentée. Je le garde en réserve. Bonne journée !


Daniel Fattore 15/04/2010 22:01



A garder en réserve, en effet! C'est une lecture brève, mais aussi un bon petit livre.
Bonne journée à toi!



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