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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 20:16

hebergeur imageLe moins qu’on puisse dire, c’est que le petit ouvrage de Frédéric Palomino est d’une actualité permanente, tant il est vrai qu’on entend régulièrement parler, un million chassant l’autre, des excès en matière de rémunération des chefs d’entreprise. Cette brève synthèse expose brièvement la question des rétributions monétaires des grands cadres, ce qui permet au lecteur de mieux comprendre certains débordements. L’auteur donne par ailleurs quelques pistes pour optimiser la structure de rétribution des patrons.

 

Le titre cerne d’emblée de quoi il s’agira. Le choix du verbe « payer » intervient en effet à dessein pour limiter le propos aux rétributions strictement liées à l’argent (cash et valeurs boursières), à l’exclusion d’éventuels avantages en nature, conditions de travail ou arrangements commodes favorisant le transfert d’un cadre.

 

Dès lors, l’auteur commence son exposé par un rappel des objectifs qu’une entreprise peut poursuivre, soit selon un point de vue typiquement anglo-saxon (satisfaire ses actionnaires), soit selon un point de vue plus « continental » qui englobe des objectifs sociaux. Plus riche, donc plus détaillée, c’est cette approche qui sert de socle principal à la réflexion de l’auteur.

 

Celui-ci expose ensuite les principaux éléments de la structure des salaires des cadres dirigeants : salaire fixe, stock-options, actions, indemnités de départ. Il en cerne les enjeux et les risques, par exemple ceux liés aux fluctuations boursières indépendante de l’action du patron ; le fonctionnement des stock-options et de leur effet plus ou moins incitateur est également abordé. Le paradoxe lié aux indemnités de départ (versées même si le patron partant n’a pas atteint les objectifs) est également levé.

 

Les modalités d’intervention des conseils d’administration sont également abordées, de même que leur rôle général. En particulier, la question de l’indépendance de leurs membres est analysée de manière assez approfondie, l’enjeu étant d’éviter une prise d’ascendant de la part du chef exécutif de l’entreprise.

 

On le voit, les outils ne manquent pas pour rétribuer le chef d’une grande entreprise. L’auteur esquisse également quelques pistes pour le dosage de chaque élément, par exemple en fonction de l’âge de la personne engagée. Un tel ouvrage paraîtra peut-être succinct à un spécialiste des hautes rétributions, mais il constitue une bonne introduction, claire et bien structurée, fondée sur des enquêtes, statistiques et ouvrages de référence, pour toute personne qui s’intéresse aux ressources humaines – sans compter, bien sûr, le simple salarié qui se demande comment et pourquoi les salaires des patrons s’envolent.

 

Frédéric Palomino, Comment faut-il payer les patrons?, Paris, Ed. Rue d'Ulm, 2011.

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commentaires

Liliba 29/07/2011 14:05


Alors là je zappe direct, je suis écoeurée rien que d'y penser... En quelques mois, ces messieurs les gros salaires gagnent ce que péniblement j'amasserai en 10 ans... déprimant !


Daniel Fattore 29/07/2011 20:12



Hé hé... l'auteur n'excuse rien, ni n'accuse - mais cherche juste à comprendre, de manière dépassionnée. C'est là que ça devient intéressant. J'ajoute qu'il interroge les composantes des
salaires, dans l'optique d'en faire des rémunérations plus directement liées aux performances "directes" des personnes qui touchent de tels salaires.
Après, c'est vrai que c'est assez déprimant de savoir qu'il y a des gens qui gagnent en quelques heures ce que moi (ou toi) gagne en un mois, un an, un semestre... voire plus!



Mascha 15/07/2011 20:04


ah d'accord. Merci de la précision, et de m'avoir parler de ce journaliste allemand aussi. ;)
Bonne chance dans tes autres lectures! ;)


Daniel Fattore 15/07/2011 20:52



Merci!
De mon côté, je vais aller voir ce livre "L'Amérique pauvre", ça m'a l'air instructif et intéressant.
Bonne continuation à toi dans tes lectures!



teckel enragé 15/07/2011 15:26


Qui parlerait mieux d'argent qu'un Suisse ?


Daniel Fattore 15/07/2011 20:52



Deux Suisses! De préférence des banquiers privés genevois - éventuellement d'origine française. ;-)



esmeraldae 14/07/2011 17:18


ça à l'air intéressant mais peut être pas à lire d'une traite


Daniel Fattore 14/07/2011 19:58



C'est certes 100% théorique et très explicatif, mais c'est assez court (70 pages), une bonne synthèse. Donc ça se lit quand même assez vite.



Mascha 12/07/2011 23:49


Mouais, n'empêche, ça me fait penser à un anti-Amérique pauvre (Nickel and Dimed), qui montre comment une société accepte si facilement que des gens soient sous-payés pour les tâches les plus
ingrates et longues servant les grands patrons justement. >_


Daniel Fattore 13/07/2011 21:39



Cet ouvrage s'interroge sur la stricte rémunération des patrons, et permet de comprendre certaines choses - ce qui ne signifie pas qu'on les excuse, ni qu'on les approuve! Cela dit, j'ai pu
trouver aussi les références de l'ouvrage "Nickel and Dimed", intitulé "L'Amérique pauvre" en français, et ça m'a l'air intéressant! La démarche me rappelle celle de Günter Wallraff, journaliste
allemand qui s'est mis dans la peau d'un Turc pendant deux ans, acceptant n'importe quel travail...



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