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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 18:37

hebergeur imageRoman, lu par Alice, Coin des livresEsprit CampagneLilly, LouMaYaK, Pillow Books

 

Dans son roman « Nos amis des confins », publié aux éditions du Seuil en 2009, Sylvie Doizelet capte fort bien l’ambiance mystérieuse qui peut régner dans le comté de Thurrock. Thurrock ? Cela se trouve à une trentaine de kilomètres de Londres, à parcourir avec un petit train de banlieue ; mais l’auteur fait de Grays, la localité où se déroule l’action, un lieu qui a tout d’une autre planète aux allures nébuleuses.

 

D’un point de vue technique, la romancière monte son affaire en usant fortement des dialogues. La méthode fait vivre les personnages, les fait parler, mais donne peu de place aux descriptions des lieux mis en scène, qui baignent dès lors dans un flou artistique. On ne devine ainsi pas grand-chose des trois ou quatre pubs du village, ni de la maison que Debbie, personnage central du récit, occupe. Ce flou artistique constitue l’arrière-plan d’un village gris (comme l’indique son nom, Grays), propice à l’émergence d’histoires de fantômes, réelles ou imaginaires.

 

L’incertitude créée par l’existence des fantômes fait basculer l’histoire dans le fantastique. Incertitude double : faut-il admettre que les fantômes existent ? Dès lors, où se trouvent-ils ? Dans le village, il existe un parcours touristique « Ghost Walk » montrant les lieux hantés ; mais d’aucuns prétendent que les emplacements visités sont exempts de tout ectoplasme. Un autre projet de « Ghost Walk » était considéré comme plus crédible. Mais il n’a jamais vu le jour, comme si la vérité n’était pas accessible en de telles matières.

 

En revanche, le lecteur peut être amené à se demander si, au fond, les fantômes ne sont pas les personnages qui entourent Debbie – autant de figures qui évoluent dans leur monde, en léger décalage avec une Debbie elle-même décalée, ce que symbolise un jetlag chronique dû à son arrivée de New York. Fantômes donc que les villageois, qui semblent disparaître et réapparaître sans véritable explication ; fantôme que ce personnage qui, à trente ans, a réussi à se rendre totalement invisible de toute administration ; fantôme aussi que ce cas de leucémie rarissime, qui doit rendre pâle comme un drap celui qui en souffre.

 

Réels ou imaginaires, ces fantômes sont dépeints avec tendresse, comme le suggère l’expression « Nos amis des confins » qui sert de titre au roman, ou la phrase récurrente de Henrietta, « Venez, les petits, venez ! », ou le souci qu’a cette dernière du bien-être de ces purs esprits, condamnés à composer avec les vivants alors que ces derniers n’en ont cure.

 

Voilà donc un roman empreint d’un flou artistique maîtrisé, imprégné d’une once de mystère, qui se distingue par la qualité des ambiances ainsi créées. Curieux, agréable à lire, rapide... un bon souvenir.

 

Sylvie Doizelet, Nos amis des confins, Paris, Seui, 2009.

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commentaires

clara 04/08/2011 07:50


tu titilles ma curiosité !


Daniel Fattore 04/08/2011 21:15



Hé hé! Bonne lecture, d'ores et déjà! :-)



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