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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 22:32

Un testament qui aurait une ouverture sur l’avenir : tel est l’un des sens possibles que l’on peut donner au dernier opus d’Olivier Mathieu. A l’heure où cet écrivain fait la « une » du Figaro (c’était le vendredi 8 avril; à lire ici), il vaut la peine de s’arrêter un instant sur Mon cœur hors du temps, publié à Nantes il y a à peine quelques semaines.

 

Testament donc, à l’image des récits de jeunesse que le narrateur écrivait, dans les années 1960, alors qu’il était enfant, et qui commençaient tous, nous dit-il, par l’expression « Ceci est mon testament ». C’est le mot d’un enfant qui, né alors que son père n’en voulait pas, frère d’un jumeau décédé à l’âge de quelques jours, se sait en sursis. Ce que l’auteur dévoile à l’avant-dernier chapitre. A ce titre, ce testament s’inscrit dans cette ligne. Loin des aventures romanesques et narratives de Robert Pioche, Mon cœur hors du temps prend donc des allures de bilan poétique et érudit, tous azimuts.

 

Ces trente pages évoquent en effet quelques personnalités dont l’ombre ou l’être ont traversé l’existence de l’auteur. On croise ainsi l’ombre de Però, le chien de l’auteur, décédé d’un cancer le 8 août 2001, ou l’un ou l’autre coquillart égaré dans ces parages. Bien plus que sur Abel Bonnard ou Arno Breker – des personnages qui appartiennent au passé – c’est sur Carlo Gozzi que l’auteur s’étend et fonde le pivot de son récit. Car c’est grâce à lui qu’il va se tourner vers l’avenir, et dire à ses lecteurs qu’il n’a pas encore... tout dit.

 

Fin connaisseur de l’écrivain vénitien, le narrateur laisse entendre qu’il a quelques révélations inédites à faire à son sujet, et quelques éléments biographiques à rectifier, preuves à l’appui : « vous allez voir ! », semble-t-il dire. Quelques photos du domicile de Carlo Gozzi et de son frère Gasparo (ami ou ennemi ?) viennent illustrer ce petit livre – où l’on trouve d’autres évocations sous la forme de photographies de jeunes filles.

 

Et concernant celles-ci, le narrateur assume sans complexe l’héritage de Vladimir Nabokov, du reste cité en exergue. Auteur en exil lui aussi, exil linguistique également puisqu’il a choisi d’écrire en anglais. Sensible ou sensuel ? Au lecteur de voir, de conclure, de juger peut-être les actes du narrateur de Mon cœur hors du temps. Mais en ouvrant la porte sur une certaine jeunesse, celui-ci donne à son testament un deuxième visage, résolument tourné vers l’avenir.

 

Olivier Mathieu, Mon coeur hors du temps, Nantes, Editions des Petits bonheurs, 2011.

L'ouvrage est disponible auprès de l'éditeur, Les Petits Bonheurs.

 

 

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