Et si
l'on faisait des piles à lire spécialisées en plus de la pile à lire officielle?
C'est un peu ma pratique, essentiellement pour les ouvrages lus en partenariat, service de presse et assimilés, selon le deal plus ou moins exprimé "Un livre gratuit contre une chronique". L'habitude est née d'un état de fait bien connu: ma pile à lire "officielle" va bientôt crever le plafond et, si j'y ajoute ce genre d'ouvrage, ils seront vite perdus. Rédhibitoire, surtout si une échéance est fixée pour de tels livres! Résultat: ils se trouvent à main gauche, sur mon bureau. Avantage supplémentaire: cela me permet de garder un oeil sur le nombre d'ouvrages ainsi reçus et à chroniquer, et donc m'empêche d'être (trop) débordé.
Une autre raison pourrait me pousser à créer une pile spécifique du même genre: ce serait une pile des auteurs amis - côtoyés sur des forums avant une rencontre en vrai, ou rencontrés dans un cadre qui dépasse la seule dédicace. Cela me permettrait d'accorder à ces ouvrages une certaine priorité, en les laissant bien en vue. Je n'ai pas encore procédé, je suis un bien mauvais ami d'auteurs et d'écrivains... mais j'ai bien l'intention que ça change. Affaire à suivre!
Enfin, il existe une troisième raison de garder des ouvrages à part: c'est leur lien immédiat à l'actualité - certains lecteurs sont friands de ces livres qui touchent à l'actualité immédiate, quick books et autres essais à l'éphémère longévité. L'intérêt pour les affaires Clearstream était compréhensible à l'époque où elles ont éclaté (cf. "Révélation$" de Denis Robert et Ernest Backes, pour ne citer que le premier ouvrage paru sur le sujet), mais font aujourd'hui figure de vieilles lunes. Bref, des ouvrages à lire vite, avant qu'ils ne soient périmés. Alors qu'un roman peut, comme le bon vin, se garder quelque temps.
Piles à lire spécialisées? Le point commun d'une telle approche sera donc la relative urgence de la lecture. Celle-ci naît du contenu du texte, de la volonté d'un geste amical de lecteur ou des impératifs liés aux partenariats. On peut encore concevoir, dans des circonstances similaires, qu'une personne qui étudie va se constituer une petite (ou moins petite) pile de livres destinés à sa formation. Qualité du système: il permet de donner à certains ouvrages une priorité de lecture et de ne pas les perdre de vue dans une pile de trop grande taille. Inconvénient: on finit effectivement par avoir des livres partout - qui a dit que les piles à lire se développaient par essaimage, comme les abeilles?
Illustration: Claude Venard (1913-2000), Composition au livre et aux pinceaux. Source.

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