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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 20:03

hebergeur imageDialogue, lu par Anna Galore, Astyala, Audouchoc, BlogSchizo, Calie, Clara, CrocBook, DianeMariePascale, Passion Bouquins, Soleya, Turquoise, Yueyin.

 

Site de l'auteur: http://www.alexandre-jollien.ch

Merci à Laetitia Joubert-Alterno et aux éditions Marabout pour l'envoi!

 

Je commence ce billet par un élément personnel: je me souviens d'avoir croisé l'auteur de cet ouvrage à quelques reprises dans les couloirs de l'université de Fribourg au temps où moi-même, j'y usais mes fonds de jeans. C'est donc presque en voisin, certes anonyme, que j'ai découvert Eloge de la faiblesse, douze ans après sa parution, dans le retirage qu'en ont dernièrement fait les éditions Marabout. Un léger retard? Certes, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire... et cette lecture brève mérite qu'on s'y arrête, le temps d'une soirée, car elle ne manquera pas d'interroger tout un chacun.

 

La forme du dialogue retenue est gage de fluidité. Aérée, la présentation séduira les lecteurs qu'un texte trop compact ou trop dense rebute. Le jeu de répliques entre Socrate et Alexandre permet par ailleurs à l'auteur d'installer un dynamisme certain dans son propos, Socrate interrogeant Alexandre, le faisant préciser ou reformuler tel ou tel propos, tel ou tel épisode, en bon maïeuticien qui se respecte. Enfin, le texte est simple et abordable, volontiers concret et émaillé d'exemples vécus.

 

C'est la question de la "normalité" qui occupe le coeur du propos - une question dont l'auteur, infirme moteur cérébral, sait quelque chose. Ainsi sont abordés les difficiles apprentissages de gestes quotidiens, l'intégration à la société alors qu'on a vécu dix-sept ans en institution (là, l'auteur évoque son arme la plus sûre: l'humour), mais aussi la proximité avec ceux qu'il appelle ses "camarades d'infortune": ses compagnons de chambrée au Centre. Cela, sans oublier le regard d'autrui, la pitié mal placée, les moqueries, le rejet.

 

Cet éloge de la faiblesse, c'est, d'une part, la force que l'on peut tirer d'une situation a priori défavorable si l'on sait y faire. Au départ, l'auteur progresse essentiellement physiquement: marcher, parler, manger avec des services sont des victoires. Puis il songe à des études, commerciales puis philosophiques, qu'il accomplit avec succès, faisant mentir les préavis défavorables d'un entourage médico-psychologique qui le destine à la fabrication de boîtes de cigares - un entourage que l'auteur critique d'ailleurs de manière circonstanciée. Mais l'éloge de la faiblesse, c'est aussi l'hommage rendu à la force de ce qu'il a reçu des autres personnes en situation de handicap qui l'entourent (dans tous les sens du terme) au centre: encouragements, bonheurs, amitiés, rires et sourires...

 

... des sourires que l'on retrouve dans la prose de l'auteur, qui sait glisser ce qu'il faut d'humour dans ses répliques, en particulier au gré de parenthèses disséminées çà et là. Cela, sans oublier la question finale, qui laisse Alexandre muet... et interroge finalement le lecteur lui-même. Si vous ne la connaissez pas encore, je vous la laisse découvrir - et méditer là-dessus.

 

Alexandre Jollien, Eloge de la faiblesse, Paris, Cerf/Marabout, 1999/2011.

 

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commentaires

usdina 28/09/2011 17:53


Voila, je viens de parcourir votre blog et j'aimerais vous faire part d'un projet "littéraire" que je suis en train de monter et qui pourrait peut être vous intéresser. Je suis actuellement en
master lettres modernes enseignement, et je souhaiterais créer un forum de/pour lettreux dans lequel les membres (majoritairement étudiants amateurs, passionnés, artistes ou professeurs) pourraient
débattre, discuter autour des textes classiques ou ou selon eux intéressants. Il y aurait aussi une catégorie musique, cinéma, arts pour mettre en place un réseau d'intertextualité, et le résultat
final pourrait être conçu comme une sorte d'encyclopédie en ligne, un peu à la Pierre Bayle, où chacun pourrait puiser des connaissances, et de l'esprit critique. Sur le papier ça sonne bien ! Mais
en fait, je viens tout juste de mettre en place la première construction, et n'ont adhéré pour le moment que des adolescents, principalement en seconde, ou première L. Je ne suis évidemment pas
contre l'arrivée de lycéens sur le forum, cependant ils ne peuvent pas encore hélas proposer le niveau d'analyse, de lecture, des fiches de lectures ou critiques que j'aurais souhaité. C'est
pourquoi je viens vous voir, afin de savoir si vous aimeriez "m'aider" dans ce projet, dans la mesure de ce qui vous semble possible, afin de mettre en place des articles, des discussions sur le
forum qui pourraient attirer davantage de personnes réellement intéressées par le monde littéraire.


Daniel Fattore 28/09/2011 21:14



Bonsoir Usdina, et merci de votre visite et de votre message!
Pourquoi pas, après tout? Vous serait-il possible de me transmettre l'adresse exacte de votre projet (s'il a un site Internet), s'il vous plaît? Je pourrais trouver le moyen d'y participer, sous
une forme ou sous une autre.


EDIT: je viens de trouver votre forum - je le garde sous le coude, et serai heureux d'y participer à l'occasion. Merci pour l'invitation!



Alex-Mot-à-Mots 27/09/2011 16:29


Une question philosphique à méditer, tu aiguise ma curiosité.


Daniel Fattore 27/09/2011 22:28



A méditer, c'est vrai!
J'ajoute que ce livre est court: à partir d'une ébauche réussie, il invite à la réflexion personnelle, et cela est fort intéressant.



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