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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 20:52

hebergeur imagePolar marseillais, lu par Catherine, Craklou, Phooka, Le coin des bouquins, Lire est un plaisirPlume, Skarn-Sha.

 

L'Immortel? C'est Charly, un bonhomme qu'on a laissé pour mort dans un parking, et qui revient hanter les nuits et les jours de ceux qui lui ont tiré dessus, dans un souci imperturbable de vengeance. Cela, dans un chassé-croisé périlleux avec la police. Telle est la trame de ce roman à la "Monte-Cristo" moderne sauce marseillaise, signé Franz-Olivier Giesbert et intitulé fort justement "L'Immortel" - celui qui tue à tour de bras alors qu'on le croit mort. Rien à voir avec l'Académie française donc...

 

... le lecteur est plus proche, ici, d'un portrait volontiers coloré, présenté dans un souci de réalisme, de la pègre marseillaise. Les personnages ont ainsi des surnoms qui sonnent vrai, même si leur sens n'est pas toujours immédiatement accessible: qui est vraiment "le Rascous", par exemple? En revanche, il n'est pas difficile d'imaginer qui est "le Finisseur", ou plutôt quelle est sa discipline favorite. A ce titre, le surnom de l'Immortel est également transparent. Le lecteur découvre aussi que ces gens, sujets à des ennuis de santé comme tout le monde, s'efforcent de mener une vie discrète, tout en oeuvrant en marge de la légalité; cités dans le roman, les "dix commandements du truand" en font foi, tant ils invitent à adopter un profil bas: il serait trop bête de tomber pour une bête histoire de facture impayée.

 

Il n'est pas toujours facile, pour le lecteur, de suivre les méandres des rivalités qui sont mises en scène dans ce récit: qui tire sur qui? Qui est copain avec qui? Cela, sans oublier ceux qui visent à côté exprès! Dans une histoire à la fois vraie et inventée, le lecteur est amené, de faux semblants en coups de théâtre, dans les quatre coins de Marseille et même plus loin, à Cavaillon, en Avignon et jusqu'à Grenoble. Et puis, le monde des truands, c'est toute une mentalité, qui ne se considère jamais comme coupable - ce qui ne l'empêche pas de fricoter jusque dans les sphères les plus respectables, a priori, de la politique et de la police, tout en se plaignant de ne jamais obtenir justice. Attention, zone grise!...

 

Marseille est-elle vraiment un personnage à part entière du roman? On le comprend assez vite, la ville ne joue pas le même rôle que Lyon dans "Les deux étendards" de Lucien Rebatet, où chaque rue a son sens profond pour les personnages mis en scène. Les quartiers de Marseille sont évoqués en vrac: on voit passer le Vieux Port, Cavaillon, la Corniche, certaines banlieues. L'auteur préfère montrer ici certaines habitudes, par exemple les pastis et les "piscines" (champagne rosé sur glaçons) que l'on boit sur une terrasse, ou donner à entendre des expressions et tours de phrase typiques. Et là, le lecteur est servi: page après page, il a l'impression que l'auteur lui raconte son histoire avec l'accent.

 

C'est donc à un roman complexe (les personnages sont nombreux) et riche que l'auteur offre à son lectorat. Quelques pages sont bien saignantes ou violentes, non sans originalité: dans le cadre d'un règlement de comptes, un personnage est donné en pâture aux chiens, encore vivant, et un autre est gavé comme une oie - ce qui tranche avec les mises à mort plus classiques par balles. On reste donc accroché à ce récit, écrit dans un style coloré qui chante volontiers avec l'accent du Midi.

 

Franz-Olivier Giesbert, L'Immortel, Paris, Flammarion, 2007/J'ai lu, 2008.

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 06/05/2011 17:06


Je n'avais pas trop envie de lire cet auteur, mais ce titre policier me fait changer d'avis.


Daniel Fattore 09/05/2011 23:14



Un titre plein de soleil,qui plus est. Bonne lecture, d'ores et déjà!



Catherine 27/04/2011 08:17


Je garde un bon souvenir de ce bon polar marseillais.
Mais pas encore vu le film (pas fan de Jean Reno...).


Daniel Fattore 28/04/2011 21:36



J'en garderai aussi un bon souvenir - et si je tombe sur le film, je m'en souviendrai aussi...: je ne déteste pas Jean Reno.



Phooka 26/04/2011 09:49


Je garde un bon souvenir de ce polar assez complexe c'esr vrai (parce que pour une fois c'est moi qui l'ait lu pour Bookenstock et non Dup, la specialiste" ! :))


Daniel Fattore 26/04/2011 22:19



Oups, pardon pour la confusion! Je m'en vais corriger la chose dans l'en-tête de cet article.



Stephie 26/04/2011 07:39


J'ai vu le film l'an dernier et j'avais aimé la prestation de Jean Reno. Le livre attend sur ma PAL par contre


Daniel Fattore 26/04/2011 22:19



Je n'ai pas vu le film... même si je me souviens d'avoir entendu parler de sa sortie. En tout cas, bonne lecture pour le moment où tu t'y mettras!



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