Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 06:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, AnkyaAzilis, BénédicteBookwormCagire, Caro[line]Chrestomanci, ChrysEdelwe, EmmaEsmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Sophie57, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

A........

 

Comme un fleuve au soleil vous traversez ma vie,

comme un fleuve au soleil qui s'en va vers la mer:

il répand sur ses bords la joie et l'harmonie,

et sa fraîcheur d'argent frissonne au bleu de l'air.

 

Les arbres sur ses bords inclinent leur feuillage

dont le murmure heureux accompagne son cours,

là-bas, dans le soleil, là-bas, jusqu'au rivage,

là-bas, jusqu'à la mer vaste comme l'amour.

 

Vous êtes la beauté, la joie et l'harmonie,

vous êtes du soleil, vous êtes de la mer...

J'ai choisi pour exil la tristesse infinie:

pour vous, je suis du Nord, et je suis de l'hiver.

 

Craignez, craignez un coeur tout gonflé de tempêtes;

l'un sur l'autre, j'ai vu s'abattre mes espoirs,

et je reste debout, la neige sur la tête,

à mesurer ce bois épars sur le sol noir.

 

L'ombre serait sur vous de mon inquiétude:

chassez de votre ciel ces nuages du Nord;

laissez le solitaire avec sa solitude

dont la face est déjà la face de la mort.

 

Vous ne trouvez en moi qu'une âme désolée:

elle a besoin de paix, et non plus de bonheur;

n'arrêtez point ma vie aux deux tiers en allée,

car pour elle l'amour n'est plus qu'une douleur.

 

Je désire pourtant l'amour et la jeunesse,

désir inassouvi qui cherche encor sa part...

Vous qui seriez l'amour, qui êtes la jeunesse,

vous traversez ma vie.

 

                                       Trop tard.

 

Gonzague de Reynold (1880-1970), Conquête du Nord, Paris, Gallimard, 1931.

Partager cet article

Repost 0
Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
commenter cet article

commentaires

Alba Kertz 29/01/2013 15:05

Et vous, cher Daniel ? En avez-vous écrit d'autres ?
J'ai eu tant d'émotion à lire "Les lyobas sont partis" et
"Les âmes sans visages". A lire et à relire. Deux bonheurs de la vie ! Après tout, lorsqu'on vieillit, on n'en a plus tant que ça, la monotonie peu à peu enveloppe le meilleur.
Ne croyez pas que je sois triste ! Il faut juste savoir retirer l'enveloppe !! Amitiés, Alba

Daniel Fattore 05/02/2013 23:09



Merci de ce message, Alba! J'écris toujours des poèmes, lorsque l'inspiration est là; et la tonalité est toujours un peu nostalgique. La forme poétique me paraît bonne pour exprimer ce genre de
sentiment... Merci de votre message!



Alba Kertz 28/01/2013 10:51

Ai relu deux fois, avec émotion. C'est à la fois un chant d'amour et de regrets, allié à ce fleuve où tout s'engloutit, en définitive... Belle image mélancolique, quel joli choix ! Et ce poème est
en effet si bien rythmé qu'on le lit avec plaisir, en dépit de la nostalgie qu'il évoque. Merci ! Alba

Daniel Fattore 28/01/2013 23:27



Merci de votre lecture attentive et double! C'est un beau poème, en effet, avec une chute particulièrement bien trouvée. Et merci de votre passage!



Didi 27/01/2013 12:07

Un beau poème emprunt d'une très belle mélancolie et d'un beau rythme !
Merci et bon dimanche

Daniel Fattore 27/01/2013 20:53



Certes! C'est aussi un poète de ma ville, qui s'est taillé une certaine réputation.



Présentation

  • : Le blog de Daniel Fattore
  • Le blog de Daniel Fattore
  • : Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.
  • Contact

Les lectures maison

Pour commander mon recueil de nouvelles "Le Noeud de l'intrigue", cliquer sur la couverture ci-dessous:

partage photo gratuit

Pour commander mon mémoire de mastère en administration publique "Minorités linguistiques, où êtes-vous?", cliquer ici.

 

Recherche

 

 

"Parler avec exigence, c'est offrir à l'autre le meilleur de ce que peut un esprit."
Marc BONNANT.

 

 

"Nous devons être des indignés linguistiques!"
Abdou DIOUF.