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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, AnkyaAzilis, BénédicteBookwormCagire, Caro[line]Chrestomanci, ChrysEdelwe, EmmaEsmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Sophie57, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

Pendant le congrès

 

Il faut bien se le dire, messieurs dames
La peau du gland, c'est pas inusable.
On peut, bien entendu, faire des tests
C'est l'ABC de toute science expérimentale.

Dans une conasse en peau de raie
On se blesse au premier passage
L'aspect de la plaie est grenu
Et le sang sèche assez rapidement
Sous l'aspect de gelée de groseilles

On rencontre aussi, malheureusement elles sont rares
Des grognasses impudentes à qui
On a greffé, en travers, une lame de rasoir
Quand on y rentre, on en a une
Quand on en sort, on en a encore une
Mais elle est coupée en deux

Certaines possèdent également
Des vagins horizontaux, tout rouges
Abondamment garnis de dents
Ils se referment sur les boutoirs avec un râle
Et jamais un Anglais ne les a vus vomir
Car les Anglais ont le sens de la respectabilité.

Pline de Cheval et Chaton l'Ancien racontent
Qu'il y en a eu de si affreux à voir
Que les bras sont tombés aux gens dans la rue
Sans doute, on en peut les décrire avec précision
Car les nombreux documents relatifs à ce sujet
Ont fait les délices des termites,
Des Huns, des FFI et des autres animaux rongeurs.
Mais on sait qu'à l'intérieur comme dans certaines clés
Une longue tige d'os bien pointue
Vous pénétrait dans le méat
Ce qui s'effectuait avec un bruit grinçant
Extérieurement la peau virait au vert.

D'autres sucent comme des pieuvres
Et métamorphosent l'objet rutilant
En une aubergine monstrueuse
Invisible en lumière noire
Elle est telle qu'au grand soleil
On tombe à genoux devant
Mais on ne peut la mettre dans sa bouche.

Enfin, diverses malheureuses
Jeanne d'Arc, sainte Thérèse, la Passionaria et la duchesses de Windsor
Sont nées avec le con subdivisé
En une infinité de petits petits trous.

 

7 juin 1947

 

Boris Vian, Écrits pornographiques, Paris, 10/18, 1996.


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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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commentaires

Yv 24/10/2012 13:01

Pas toujours facile à lire, notamment dans les transports en commun, ce livre de Boris Vian, mais il recèle des textes assez jubilatoires

Daniel Fattore 24/10/2012 23:45



Ah oui, le titre du livre où j'ai pioché ce poème est pour le moins intrigant. Il paraît d'ailleurs que certains lecteurs amateurs de ce genre de texte apprécient les liseuses: elles n'ont pas de
couverture embarrassante...

Effectivement, le recueil recèle pas mal de textes jubilatoires en tous genres.



Didi 21/10/2012 15:44

Sacré Boris :-)
J'aime bien ton rendez-vous poétique du dimanche il est toujours très original !
Bon dimanche !

Daniel Fattore 21/10/2012 22:44



J'essaie de sortir un peu des sentiers battus... heureux de savoir que ça te fait plaisir! :-)



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