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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 22:09

hebergeur imageRoman jeunesse, lu par Bit-Lit, HecleaLily, Moment précieuxMylène.

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour l'envoi!

 

... la fille!

 

Et je vous le donne en mille: elle s'appelle Katarina Bishop et elle a même volé sa place dans une prestigieuse université américaine. Manque de pot: un proche lui vole à son tour son année universitaire, en organisant son renvoi pour des raisons disciplinaires. C'est ainsi que démarre le roman "Vols en haute société", premier tome (mais parfaitement autonome) des tribulations de Katarina Bishop, imaginées par l'écrivain américain Ally Carter et traduites en français par Françoise Hayward pour les éditions Michel Lafon.

 

On l'imagine, plus d'une page de ce récit prête à sourire. Les dialogues sont souvent pleins d'esprit, et certaines situations mettant en scène une brochette de sympathiques ados champions de la carotte de haut vol s'avèrent drôles. Quant à l'idée même d'une famille de voleurs qui exerce ce métier par atavisme depuis plusieurs générations, force est de constater que c'est assez original. Ainsi laisse-t-on entendre qu'il existe une aristocratie du vol, et peut-on percevoir l'idée que les Américains aiment rechercher leurs racines, surtout si elles s'avèrent profondes.

 

Le fait de créer des personnages qui volent comme ils respirent, de manière naturelle, est donc originale. Est-elle performante en termes de dramatisation? L'auteur prive ainsi le lecteur d'une source essentielle de tension, qui naît souvent de la description des appréhensions que ressent toute personne exécutant un acte délictueux ou moralement répréhensible.

Cette impression de légèreté face à l'acte suscite par ailleurs un effet secondaire indésirable: le lecteur n'a guère l'impression que la bande de jeunes voleurs qui gravite autour de Katarina Bishop effectue un coup mémorable en volant des tableaux de maîtres dans le musée Henley, réputé inviolable. Ce ressenti est accentué par le fait que le système de sécurité du musée, tel que présenté, n'a pas grand-chose d'original, si ce n'est des caméras et des alarmes branchées aux cadres et aux toiles. Il est encore renforcé par une scène de veillée d'armes au manoir qui ressemblent à une fête de lycéens en goguette plus qu'à des heures de peaufinage millimétré du plan d'attaque. Les meilleurs voleurs du monde? Hum-hum...

 

Autre bémol à accrocher à ce roman: l'auteur fait voyager ses personnages dans l'ensemble de l'Occident: Paris, l'Angleterre, les Etats-Unis, l'Italie même. Mais l'auteur manque ici l'occasion de placer quelques éléments de couleur locale: où se trouvent la Tour Eiffel, l'Empire State Building, la statue de la Liberté? Le lecteur averti peut par ailleurs s'étonner de la présence des bureaux d'Interpol à Paris selon l'auteur, alors que le siège de l'organisation est à Lyon... Trop souvent, les décors se limitent à la description rapide d'une limousine de luxe ou d'un jet privé, voire d'un restaurant à la mode.

 

Le lecteur appréciera cependant la légèreté du style, qui lui permettra de lire rapidement cet ouvrage à l'intrigue simple. Mais les amateurs de romans criminels diaboliquement troussés, de quelque âge qu'ils soient, risquent d'être un tantinet déçus: "Vols en haute société" est frais, c'est léger certes... à moins qu'il ne soit, à force d'être frais, un peu léger.

 

Ally Carter, La vie cachée de Katarina Bishop - Vols en haute société, Paris, Michel Lafon, 2011.

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commentaires

pimprenelle 24/02/2011 17:40


Je suis assez d'accord avec toi, l'ensemble est un peu trop léger. Une lecture sympathique certes, mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable!


Daniel Fattore 24/02/2011 22:07



En effet! Heureux, par ailleurs, de lire ton avis, qui me conforte quelque peu - j'ai lu surtout, jusqu'à présent, des critiques plutôt enthousiastes sur ce livre.



mam'Schmocker 19/02/2011 21:18


Je pense que pour ma fille de 11 ans, ça devrait juste bien aller, même si elle lit déjà des livres assez complexe (genre les Harry Potter ou autre Tobie Lolness). Mais un peu de légèreté ne fait
jamais de mal en lecture !


Daniel Fattore 20/02/2011 21:43



Ah, certainement - même si les personnages sont un peu plus âgés (environ 16 ans). Je lui, et te souhaite une agréable lecture! :-)



mam'Schmocker 17/02/2011 11:43


Un livre jeunesse que je note pour ma fille et que je risque de lui chiper ! ^_^


Daniel Fattore 19/02/2011 18:39



Merci pour ton passage et ton commentaire! :-)
Et je te souhaite bien du plaisir avec ce livre; de mon côté, je l'ai trouvé quand même un peu trop léger, même si c'est marrant.



Dup 16/02/2011 09:16


Jolie chronique Fattorius ! J'aime beaucoup l'accroche :))
Phooka aussi l'a apprécié pour sa légèreté, j'ai lu son billet qui sortira bientôt, demain je crois.


Daniel Fattore 19/02/2011 18:33



Merci! Perso, je l'ai justement trouvé un peu trop léger. Mais là, je suis en train de lire un roman aux ambiances plus pesantes... contraste garanti!



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