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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 21:23

Passé ce soir chez Aerni, un commerce bernois spécialisé dans la beauté sous toutes ses formes, vêtements, coiffure, soins corporels et petits trucs à manger, qui organisait une soirée privée "Moët et Chandon". J'ai eu droit à ma flûte gratuite, comme tout le monde, mais me suis lamentablement planté au petit jeu de dés qui permettait d'embarquer un flacon de shampooing. On ne gagne pas à tous les coups...

... une personne, présente à l'événement, se distinguait en lisant des poèmes. D'après ce que j'ai pu voir à la dérobée, il ne s'agissait pas d'un recueil français, mais probablement d'oeuvres de T. S. Eliot, en anglais dans le texte. Et cela m'a fait penser à un paradoxe qui peut saisir le traducteur lorsqu'il empoigne un livre. Je vous le livre en vrac, en vous invitant au débat, au témoignage, au partage de ressenti - surtout si vous avez l'habitude de lire dans des langues étrangères dont vous maîtrisez les tournants.

Je me souviens en effet d'une autre personne, traductrice de métier, dûment diplômée (et actuellement cadre à la Confédération), qui me confiait il y a longtemps ne plus lire les romans dans leur traduction française: par déformation professionnelle, elle en détectait toutes les faiblesses, repérait sans faille les phrases qui sentaient la traduction un peu plus fort que les autres - on imagine par exemple un "evidence" anglais bêtement traduit par "évidence" plutôt que par "preuve"... Gênant!

De mon côté, c'est un peu différent mais le principe est le même: je peine à lire les textes dans leur langue originelle, surtout si je la maîtrise (allemand, anglais), parce que régulièrement, je me demande comment je pourrais bien rendre ça en français - de préférence en dépassant le simple mot-à-mot... C'est assez rageant aussi! Cela, sans compter qu'ayant été sensibilisé, je perçois aussi les phrases faibles des traductions de langues que je connais...

Illustration:
http://www.aernibern.ch

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Publié par Daniel Fattore - dans Littératures
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commentaires

dissertation 16/10/2009 08:17


Blogs are so informative where we get lots of information on any topic. Nice job keep it up!!


Daniel Fattore 18/10/2009 20:41



Thanks! You told something like that somewhere some time ago.



Alex-Mot-à-Mots 13/08/2009 09:19

Les pires sont les traductions de feuilletons américains : "je vais à la librairie" !
Où a-t-on vu un américain acheter un livre ; et c'est de + un faux-ami.

Daniel Fattore 13/08/2009 22:43


"Librairie" pour "library", c'est effectivement un classique.
Pour les feuilletons, je suis mauvais juge, parce que j'en lis (et visionne) peu; mais j'imagine que ça doit être assez industriel.


luciolelarouge 12/08/2009 11:11

En tant que lectrice non-liseuse-en-version-originale, je suis également éberluée par la traduction de certains romans. Mais je n'en reconnais pas moins le mérite et le travail des traducteurs qui nous font oublier dans la majorité des cas le passage de la langue.
Note à part: je suis vraiment contente d'avoir découvert votre blog via un autre via un autre blog. Je me régale!

Daniel Fattore 12/08/2009 21:56


La traduction est en effet un boulot assez peu évident si l'on s'y plonge vraiment... cela confine parfois à la réécriture, comme c'est le cas pour des romans Harlequin.
Merci de ta visite! Et bienvenue par ici...


Cynthia 11/08/2009 01:25

Votre article me rappelle ceci : http://bibliobs.nouvelobs.com/2008/04/17/les-bourdes-de-millenium
Pas évident de se réapproprier un texte tout en préservant l'esprit de l'auteur. Un métier difficile et qui plus est, peu reconnu.

Daniel Fattore 11/08/2009 19:30


J'étais tombé sur cette affaire en son temps; merci de me la rappeler - et merci de votre visite! En effet, pas évident d'assurer une traduction de bout en bout. Cela dit, n'ayant pas lu
"Millenium", je suis plutôt mauvais juge...


Julien 08/08/2009 22:23

Une soirée "Moët et Chandon", rien de moins ;-p
En ce qui concerne la traduction, je suis également assez sensible aux petites phrases des livres traduits en français qui ne sonnent pas français, tout simplement ! Et ceci, indépendamment de la langue d'origine ! Par exemple, je repère quelques faux-semblants dans la langue de Shakespeare, mais récemment, j'ai lu un ouvrage suédois qui était si mal traduit que cela transpirait même pour un non-initié à cette langue. Je sens aussi parfois que les tournures espagnoles ne sont pas toujours bien maîtrisées par les traducteurs français. Je pense qu'il n'y a parfois pas assez de relectures derrière le travail du traducteur, pour rendre le texte un peu plus français...
C'est vraiment un travail difficile de traduire un livre et de bien le faire. Il y a même certainement des textes qui gagnent en qualité après le passage à la traduction, mais cela doit être rare.
Bon, j'imagine que déguster une petite flûte de champagne, sur un fond de poésie, ne doit pas être désagréable :)

Daniel Fattore 08/08/2009 22:36



Bonsoir!
Oh, Moët et Chandon, une flûte et basta! Mais ça se savoure, c'est vrai. Et là, ce fut plutôt un fond musical: la personne en question devait être la copine du musicien, et vaquer à ses
occupations tout en ayant une oreille pour la musique.
Pour ce qui est des traductions de l'espagnol, je n'ai pas le souvenir de textes particulièrement déplorablement rendus en français, à part un peut-être, mais là, c'étaient plutôt des fautes
d'orthographe et de frappe. Le travail de révision fut donc négligé, mais à une autre étape du processus...
Pour ce qui est des textes qui gagnent en qualité après traduction, c'est peut-être dans le domaine non littéraire qu'il faut les chercher: il y a tant de gens, dans le monde professionnel, qui
écrivent sans savoir de quoi ils parlent... derrière, le traducteur est obligé de savoir ce que l'auteur a voulu dire. Résultat: le traducteur, au sens littéral, "sauve le texte".
Et pour ce qui est des phrases qui ne sonnent pas français, ça arrive, hélas, trois fois hélas! Je garde par exemple des souvenirs émus de certaines tournures du magazine gratuit suisse
"VIA", destiné aux voyageurs des chemins de fer et édité entre autres par les CFF (qui m'emploient)... Depuis, le traducteur vers le français a été changé, et nous ne nous en portons
pas plus mal. Des lecteurs francophones ont même relevé le changement avec satisfaction, ce qui ne va pas de soi.



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