Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 23:45

L'un des marronniers du monde des blogs consiste à opposer la presse écrite, qu'on soupçonne à la fois d'être complaisante et corsetée de règles strictes, et la blogosphère, qu'on pare d'une grande vertu de liberté de ton. Plutôt que de chercher à démontrer que les blogueurs peuvent aussi être la clientèle captive des services de presse, j'ai envie d'attaquer le problème par l'autre bord en démontrant que la presse papier quotidienne peut aussi faire preuve de liberté. Pour joindre un exemple à ce postulat, je vous livre ci-dessous un article que j'avais écrit pour le journal fribourgeois "La Liberté" au sujet d'un ouvrage de Jacques Guyonnet. Ce papier a paru le samedi 17 février 2001. Cela fait donc un bail... et permettra aux intéressés d'ajouter un vieux truc difficile à trouver à leurs listes à lire.

C'est parti!


Un cocktail pour retrouver le Big Bang

Roman - Recette pour On a volé le Big Bang, "roman policier théologique et faiblement sexuel" de Jacques Guyonnet: prendre une trame narrative totalement jetée, parfois aussi claire que Le Festin nu de William Burroughs, sur fond d'Etats-Unis et d'actualité. Y introduire l'Estripador, également connu sous les noms de Jacques ou Le Coq, afin de résoudre l'énigme posée dans la trame par le vol du Big Bang, qui rend tout effet orphelin de sa cause première. L'Estripador doit être naïf, conscient de son statut de héros de roman et passionné de cocktails qu'il n'arrive jamais à boire. Lui adjoindre quelques femmes qui font naître des fantasmes raffinés: Oriane Park, Josefina et quelques autres. Laisser interagir jusqu'à obtention, après divers stades d'un érotisme sophistiqué, d'un mélange amoureux stable. Saupoudrer d'éléments théologiques: apparitions papales ou même divines. Incorporer à la masse des personnages tels que Bill Clinton, Philippe Sollers, Wolinski. Le mélange doit être présenté dans un verre approprié: le style littéraire d'un bateleur de mots à la San-Antonio, teinté d'espagnol et d'anglais. Vous obtiendrez un roman généreux à plusieurs voix, nappé d'une solide couche d'humour. Attention: le cocktail peut être épuisant à force d'être délirant. Il fait suite à Idéale maîtresse, autre mixture du même auteur.

Jacques Guyonnet, On a volé le big bang, La Margelle et Melchior, 279 pages.  

Site de l'auteur: http://www.margelle.org
La Liberté: http://www.laliberte.ch

Nota je viens de terminer les corrections de l'article - la honte sur moi, piètre copiste décidément!  

Partager cet article
Repost0

commentaires

Thaïs 21/11/2008 09:56

tu continues à chroniquer des livres dans des journaux ?

Daniel Fattore 21/11/2008 19:50


Non, hélas... je recommencerais volontiers, cependant.


sybilline 20/11/2008 23:57

Savoureux article en effet, et c'est tout à l'honneur du journal "La Liberté" que de l'avoir publié !
Mais il est vrai qu'il y a aussi une presse baveusement soumise au marketing, qui exalte idiotement le moindre navet qui a pris forme d'un livre; piège dans lequel le blog, jouissant d'une totale liberté financière, ne tombera pas (me parait-t-il, mais tu sembles émettre une légère réserve qui m'intrigue))

Daniel Fattore 21/11/2008 19:57



... la réserve, c'est finalement que les blogueurs, comme les journalistes, peuvent avoir des scrupules à descendre un objet qu'on leur a offert - un cadeau se reçoit avec le sourire. Mais j'ai
l'impression, en me baladant de blog en blog, que les personnes ayant reçu un livre en service de presse jouent bien le jeu de la critique franche. Voir, par exemple, la déferlante de billets
qu'il y a eu sur "La fausse veuve": du positif, du négatif, de l'enthousiaste, de l'assassin, j'ai vu de tout.  

Quand il s'agit d'un livre reçu, l'enjeu n'est pas colossal (quelques euros); mais il existe aussi des services de presse s'adressant aux blogueurs pour des objets plus onéreux ou très
désirables tels que matériel informatique, produits de beauté haut de gamme, téléphones portables, voire sans doute des journées de tests de voitures - où, sans doute, le visiteur est choyé
à fond. On peut alors se demander si c'est le produit (une voiture testée) ou l'expérience vécue (le relationnel, les petits fours, le mousseux, la jolie hôtesse qui sourit tout le
temps) que le blogueur commente - comme cela peut arriver au journaliste, du reste. C'est là qu'il convient de garder la tête froide...



Thaïs 20/11/2008 10:49

moi j'y vois de cette guéguerre que lorsque c'est publié dans un journal, la lisibilité de l' appréciation personnelle de l'auteur n'est pas vraiment évidente alors que généralement elle l'est sur un blog

Daniel Fattore 20/11/2008 22:32



Le journaliste est effectivement tenu par une tendance à l'objectivité - une objectivité inaccessible, certes. Mais en lisant entre les lignes, je suis sûr qu'on peut savoir ce que le critique a
vraiment ressenti en lisant l'ouvrage...

Lorsque j'ai commencé à chroniquer des livres, on m'a dit: "Au fond, ton papier doit répondre à la question: est-ce que tu conseillerais ce livre à quelqu'un?". J'ai toujours essayé d'y
répondre... et finalement, c'est ce qui compte. Avec, naturellement, le pourquoi - afin que le critique ait quand même un peu de travail d'analyse à faire.



liliba 18/11/2008 17:09

Marie-Catherine a raison, nous ne sommes pas habitués à ce genre d'erreurs chez vous... Nous dirons donc que cela vient de l'article de 2001 (pas de correction automatique à l'époque ?) Ou alors est-ce le cognac de la semaine dernière qui vous est monté à la tête !!!

Daniel Fattore 20/11/2008 22:39


2001, l'odyssée de la coquille? Non, ce sont mes doigts qui sont allés plus vite que le travail de copie. J'ai pu rectifier le tir - merci de vos remarques à ce propos!


Marie-Catherine 18/11/2008 14:33

Euh... c'est toi ou c'est le journal qui a libéré les coquilles ? Quoiqu'il en soit c'est un bon exemple de liberté textuelle. ;-)

Daniel Fattore 20/11/2008 22:38


C'est moi - mea culpa - et c'est corrigé.


Présentation

  • : Le blog de Daniel Fattore
  • : Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.
  • Contact

Les lectures maison

Pour commander mon recueil de nouvelles "Le Noeud de l'intrigue", cliquer sur la couverture ci-dessous:

partage photo gratuit

Pour commander mon mémoire de mastère en administration publique "Minorités linguistiques, où êtes-vous?", cliquer ici.

 

Recherche

 

 

"Parler avec exigence, c'est offrir à l'autre le meilleur de ce que peut un esprit."
Marc BONNANT.

 

 

"Nous devons être des indignés linguistiques!"
Abdou DIOUF.