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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 21:23

2004_lectureNombreuses sont les discussions qui portent sur l'édition à compte d'auteur, sur les forums et autres supports virtuels de débat. Régulièrement, ce genre se fait vilipender pour son manque de professionnalisme, sa cherté, l'absence de structures de diffusion solides, et j'en passe. L'une des conclusions à laquelle était arrivé un tel débat, sur un forum, était que cela était bon pour le tirage d'un témoignage personnel, à un nombre d'exemplaires très limité, destiné à la famille. Qui cela intéresse-t-il? Peu de monde, a priori.

Et pourtant... Dans son édition de samedi, "La Liberté" consacre toute la première page de son cahier culturel aux autobiographies de gens ordinaires. Constat de départ: les éditeurs à compte d'éditeur ne s'intéressent guère à ce genre de texte; ceux qui s'intéressent à de tels témoignages et en font leur fond de commerce privilégient, dans de tels textes, ceux qui reflètent une époque à travers une personnalité - pas forcément connue, mais susceptible d'être représentative. Dans le genre, on peut penser à "Grosse et bête", de Rosmarie Burri, qui est devenu un best-seller en Suisse, bien qu'écrit par une personne de modeste extraction. Après ce témoignage, l'auteur s'est du reste pris au jeu de l'écriture et a achevé un deuxième texte - un roman cette fois - avant de s'éteindre peu après. On peut aussi penser au récit d'une Mauricienne venue en Suisse épouser un agriculteur - destin de tant d'autres de ses compatriotes, dans les années 1980.

Mais qu'en est-il des personnes ordinaires, désireuses de laisser une trace à l'usage de leur famille, mais dont le récit n'intéressera pas grand-monde au-delà d'un tel cercle? C'est là qu'interviennent le compte d'auteur et l'impression à la demande. Catherine Schmutz, enseignante à l'université de Fribourg, a même écrit une thèse de doctorat sur ces récits de vie, qu'elle nomme "oraliture", une valise qui mêle littérature et oralité, traits caractéristiques du genre. Elle souligne la fierté de leurs auteurs, même si tout cela ne touche qu'un cercle restreint de lecteurs. Selon l'enseignante, la tendance à écrire de tels récits s'est accentuée il y a trente ans environ, portée par la démocratisation de moyens de publication tels que l'impression à la demande.

Le journal note même la naissance d'une association "Histoires d'ici", fondée en 2008 à Fribourg afin de collecter les récits familiaux de cet acabit dans la région. Ceux-ci, en effet, échappent le plus souvent à la Bibliothèque cantonale et universitaire, auquel tout auteur soumet certes ses ouvrages - pour autant qu'il soit au courant, et que le tirage soit suffisant et commercial. Les critères sont encore en cours d'établissement, mais des demandes ont déjà été soumises à l'association, qui va former dès l'an prochain des "recueilleurs d'histoires", qui joueront, si j'ose ainsi dire, le rôle de nègre auprès des personnes qui auraient besoin d'aide pour écrire leur histoire.

Pour en savoir plus:
http://www.histoiresdici.ch

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