"Parler avec exigence, c’est offrir à l’autre le meilleur de ce que peut un
esprit."
Marc Bonnant.
Des cartes postales il y a quelques jours, un commentaire bien placé... et je vais
basculer sur l'instrument scripteur que je préfère: la plume réservoir. Tel sera le sujet de mon billet de ce jour - et certaines, que j'ai eues en main, ont leur petite histoire.
Il y a eu d'abord la Pelikan scolaire rouge, un objet formidable qui m'a tenu des années... et que j'ai tout de suite bien appréciée, en raison de la couleur du bleu roi qui en sortait, et de
l'agrément d'écriture. Le bec s'est retrouvé plié une ou deux fois, j'ai malmené l'objet, mais elle est restée longtemps fidèle au poste. Paix à son âme... au contraire de la Geha qui m'a servi
pour les devoirs à la maison - un bleu bien plus moche, ni franchement noir, ni franchement bleu... non!
Plus tard, entre l'école secondaire et le collège (c'est-à-dire de 12 à 19 ans), rien à signaler, si ce n'est des plumes achetées peu cher au supermarché, mais que j'ai toujours regrettées parce
qu'en dépit de leur prix modiques, là aussi, elles étaient formidables. Je me suis retrouvé de temps en temps avec des ustensiles pour gauchers, moi qui suis un droitier convaincu... mais il n'y
a jamais eu de problème de cohabitation. Peut-être que quelqu'un sait me dire quelle est la différence? Débit d'encre, peut-être?
Puis vint la dictée de Besançon, en 1991. Là, j'ai gagné ma première Parker, perdue quelques années plus tard, hélas... une chose magnifique, bleue, dorée, noire, avec encore plus de confort
d'écriture. Il me reste le stylo à bille - qui me sert aujourd'hui encore, bien qu'il soit un peu esquinté, pour prendre des notes de lecture.
Il a fallu que je perde une plume de supermarché à Berlin pour avancer, en hivre 1999/2000. Là, j'ai d'abord choisi la voie bon marché, et ai opté pour un duo stylo/plume en métal. Erreur! Le
corps des objets était en métal, le pas de vis en plastique; le frottement entre les deux parties a eu raison du plastique, m'interdisant de fermer ces instruments. Poubelle! Malheureusement: en
dépit de leur faible prix, ces objets étaient jolis. Trop chers quand même, vu qu'ils étaient également foireux. Alors, j'ai basculé dans l'extrême inverse...
... et je suis entré dans la boutique Mont Blanc de Kurfürstendamm et, pour 300 Deutsche Mark, je me suis procuré le Meisterstück qui me sert aujourd'hui encore. Une belle bête, vraiment, et un
délice pour celui qui écrit! J'ai été immédiatement conquis, au moment même d'essayer la plume au magasin; et pour le plaisir d'avoir quelques pleins et déliés, j'ai choisi un bec plat (si si,
vous avez même le choix des armes!). Petit inconvénient: elle coule. Gros avantage: elle permet une belle écriture. Je m'en sers pour écrire des lettres privées, ainsi que pour les championnats
d'orthographe, en espérant éviter la panne sèche (les cartouches sont petites). Savez-vous du reste qu'une série Meisterstück limitée "Stylo de la paix" a été produite à partir de restes de
missiles? Notons qu'à la même période, il y eut aussi une plume Lamy, morte noyée dans l'encre noire.
Dans les années 2000, enfin, j'ai encore acquis une Huahong très satisfaisante qu'il faudra que je recolle, et j'ai par ailleurs reçu une Parker bleu marine, plus modeste que la
Duofold du championnat mais très bien quand même, qui me sert au quotidien. Me voilà donc bien équipé pour écrire!
Au fond, qu'ai-je encore besoin d'un clavier?
Les recharges sont vite onéreuses, en effet... et les cartouches Mont-Blanc sont un peu plus chères que la moyenne pour des cartouches ordinaires. Cela dit, je préfère utiliser le produit maison, sans quoi la plume n'est plus garantie. C'est un peu comme les briquets Zippo: il faut y mettre l'essence prescrite par le producteur.
J'aime aussi garder ma Mont-Blanc pour les bonnes occasions.
Ne vous en faites pas! Vos commentaires sont toujours les bienvenus.
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