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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 20:52

Carton rouge !C'est un peu la question que je me suis posé ce soir en traversant la gare de Berne, et aujourd'hui en effectuant le même parcours. Aujourd'hui, en effet, la France disputait un match corsé contre les Pays-Bas. Les artistes pourront gloser sur la complémentarité des couleurs des maillots (orange et bleu); j'y ai pensé, je l'ai fait aussi. Et j'imagine que sur fond vert, ça doit avoir une gueule pas possible.

J'ai donc traîné aujourd'hui dans la gare de Berne, tout fraîchement refaite, et j'y ai surtout vu des maillots orange, vêtement obligé de toute personne soutenant l'équipe du pays du Gouda. C'était même une déferlante! Ceux qui aiment cette couleur peuvent bien venir visiter la capitale suisse ces jours-ci! Il paraît que certains jouaient à shooter des ballons dans des fenêtres ouvertes, sur la Bärenplatz, à deux pas du Palais Fédéral, sous l'oeil indulgent de Benedikt Weibel, Monsieur Sécurité de l'événement.

Les "Oranjes" se sont même taillé une solide réputation, révélée à travers le blog interne des CFF, que vous commencez à connaître. Il paraît que ce sont les plus sympas... je l'ignore, pour ma part: je n'ai pas (encore) cherché à fraterniser. Mais force est de constater qu'ils sont partout, jusque dans le restaurant du personnel. Leurs costumes frappent l'oeil par leur couleur, mais aussi par leur coupe: j'en ai même vu, aujourd'hui, arborant un look de rockers, avec banane assortie. Quant au bruit, vous l'imaginez volontiers: cornes de brume, sifflets, chants, tout le bazar. Un véritable carnaval!

Et les Bleus, là-dedans? Plus petits que des Schtroumpfs? Je l'ai cru, sincèrement, en attendant le train, ce soir. Perdus au milieu de la déferlante orange, en effet, il y avait quelques bannières bleu-blanc-rouge, portées par des gars apparemment perdus. Quand je voyais quelque francophile, je me disais "Ah! Tiens!", alors que les Néerlandais font pour ainsi dire partie du paysage. Circonstance aggravante: comme l'Italie jouait aussi ce soir, les maillots bleus pouvaient être soit ceux des supporteurs français, soit ceux des supporteurs italiens. Le bleu était donc partagé... donc deux fois moins présent.

Alors, quel est le soutien apporté à l'équipe de Domenech? A celle qui préfère le train, pour arriver à l'heure au stade? Personnellement, je m'en fiche un peu: je suis le supporter du Grand Kapital, dont je sais qu'il va gagner à tous les coups (il a déjà gagné, d'ailleurs - facile!). Mais si le Onze de France se fait laminer à l'Euro 2008, quelle déconfiture! Mais on saura que ses soutiens se sont faits bien discrets.

Photo: Flickr/Florent Solt

Update: manifestement, les supporters français n'ont pas apporté grand-chose à la partie... les "Oranjes" ont gagné par 3 à 1.
 

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Publié par Daniel Fattore - dans Air du temps
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commentaires

Pharisien Libéré 19/06/2008 11:38

Cela fait un bout de temps que je me demande si le foot n'est pas un nouveau mouvement religieux ? Les jeux Olympiques d'autrefois étaient une forme de rituel à la triade Olympienne. Mais je me demande quelle est la triade honorée par nos footeux d'aujourd'hui ? Instinctivement, je dirais "le fric, la pub, la bière" et je sens que je suis pessimiste (les croyants diront que je suis de mauvaise foi)
Je me demande si les jeux d'aujourd'hui ne sont pas un ersatz de guerre ? J'avais lu un truc comme cela, il y a environ 30 ans mais je ne parviens plus à me souvenir du titre.

En résumé, d'ici août, je pense relire ce qu'écrit Georges Vigarello de la santé, du corps, de son insertion sociale (le beau,, le laid, le propre, le sale) du sport et de ses valeurs. Cela remplacera la télé

Daniel Fattore 19/06/2008 22:24


Le sport, et en particulier le football, est à mon avis le nouvel opium du peuple. Plus efficace que la religion: il faut attendre une vie entière pour savoir s'il y a un paradis, mais 90 minutes
suffisent pour savoir si la Juventus a entubé l'Inter.

Triade? La vôtre colle assez bien. J'aurais dit "La bière, la bière, la bière", avec la pitrerie en prime, à l'occasion. Si le lever de coude est un sport...

Enfin, que le sport puisse être perçu comme un ersatz de guerre, je le comprendrais parfaitement. Ca fait moins de morts, cela dit (quoique! je pense à une certaine soirée au Heysel), et ça fait
marcher l'industrie la même chose.

Et félicitations pour remplacer la télé par un bon livre!


Laurence 15/06/2008 12:48

Si tous les Français sont aussi patriotes et fans de foot que moi, ça s'explique : dans un coin reculé et sombre de ma tête, j'espérais secrètement que la France (mon pays de nationalité) et la Suisse (mon pays de résidence) allaient "gicler" le plus vite possible pour qu'ils arrêtent de nous emm... le plus vite possible à la télé et dans les rues de Genève ! C'est-y pô mesquin, ça ?

Je n'ai rien contre le sport à la télé quand il suffit de ne pas regarder si on n'aime pas, mais que ce soit l'Euro, la Coupe du monde ou les JO d'hiver et d'été, quand on est matraqués 6 mois à l'avance et que "pendant" on ne parle que de ça dans tous les médias, ça me rend folle...

Daniel Fattore 15/06/2008 17:44



Mesquin? Meuh non... ! ;-) Moi aussi, ça me fait suer, fondamentalement.
Reste que tu peux te réjouir: Genève est candidate pour les Jeux Olympiques d'hiver de 2018. Sachant que la ville n'a pas de montagnes et aucune infrastructure propre à accueillir un tel
événement, je me demande comment elle va faire. A moins qu'elle n'ambitionne de se faire mousser en exploitant sans vergogne les infrastructures voisines...



mel 15/06/2008 09:49

je ne suis pas très foot et trouve la défaite méritée.
On leur apporte trop d'intêret, en règle générale... ça me gave pas mal!

au moins ça klaxonnera pas dans les rues!
(je ne suis pas totalement réfractaire à ce sport, je n'aime simplement pas le côté ultra médiatique de ce sport et de ce qui y jouent!)

Daniel Fattore 15/06/2008 17:46


Trop d'intérêt, en effet. Et on peut se demander pourquoi c'est précisément le foot (et pas le water-polo, par exemple, ou le tchoukball) qui cristallise autant d'émotions. Sans doute y a-t-il déjà
des études sociologiques à ce sujet.
Bon, la Suisse s'est déjà fait jeter dehors, depuis longtemps... je ne vais pas les plaindre!


leo nemo 14/06/2008 21:33

l'enthousiasme de l'équipe française a de quoi nous remonter le moral... de même que le rire clair et rabelaisien de feu Raymond Domenech leur entraîneur extrêmement entraînant ...

Daniel Fattore 14/06/2008 22:46


... ils ont dû se sentir bien seuls hier soir! Je me débrouille en français, à présent il faudra que je maîtrise le néerlandais pour traverser la gare de Berne.


Marco 14/06/2008 12:31

bah oui, grande tradition des supporters français: on soutient son équipe APRES une grande victoire, jamais avant (et je ne parle pas quand il y a défaite!). Par exemple, les "bleus" venus saluer leurs "supporters" au milieu du stade à la fin de France-Roumanie ont été sifflés (pourtant, c'était un match nul, pas une défaite!). Les amateurs de foot français sont avant tout des raleurs radicaux (on veut la peau du sélectionneur, cet incompétent!)... pour gagner, les joueurs ne peuvent vraiment compter que sur eux mêmes... contraste total avec les Pays Bas, mais aussi la Croatie et bien d'autres équipes...

Daniel Fattore 14/06/2008 22:45


Pauvre Onze de France, alors! D'autant plus que la Suisse, c'est juste à côté.
Quant à l'épidémie orange, c'est vraiment quelque chose d'incroyable, y'en a partout!


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