Fattorius
Passez également me voir sous http://www.fattore.com
Il est fort intéressant de se balader dans les "pages à supprimer" de Wikipedia. Il s'agit d'une espèce d'inventaire à la
Prévert des pages qu'un contributeur a jugées indignes de figurer propose à la suppression, faisant appel à l'avis de ses pairs. Avis pas toujours autorisés, hélas... on trouve donc parfois des
perles là-dedans.
C'est justement là qu'une certaine Barberine a refait surface. Barberine? L'affaire date de novembre dernier. Désireuse d'envoyer un manuscrit aux éditions Leo Scheer, elle est à l'origine d'un
dialogue auteur/éditeur dont l'un ou l'autre blog s'est fait l'écho, et qui a débouché sur la création des M@nuscrits chez l'éditeur. L'idée? Chacun peut
envoyer le tapuscrit de son roman inédit à Leo Scheer, qui le publie sous une forme normalisée sur son site Internet, en le livrant au lectorat en ligne et en invitant chacun à commenter et
à noter. Avec son texte "Rater mieux", Barberine a été la première à jouer ce jeu; elle a été suivie de pas mal d'autres.
L'affaire suivait son cours. Et pour moi, c'est justement sur Wikipedia qu'elle a refait surface. Leo Scheer y a en effet créé la page consacrée à la "rétropublication".
Rétropublication, vous avez dit? C'est la technique consistant à publier sur papier un texte d'abord paru en ligne. Et c'est justement au manuscrit de Barberine que revient, selon l'article
de Wikipedia, le redoutable honneur d'être le premier, en France, à être publié de la sorte. En anglais, on nomme le procédé "Reverse publishing"; apparemment assez neuve, elle aurait déjà des
précédents dans le domaine anglophone.
Et voilà que l'article "Rétropublication" est menacé de passer à la poubelle: pas assez sourcé, pas assez connu, trop novateur comme concept. Que penser des avis de ceux qui proposent
l'article à la suppression? Certains suggèrent même de créer d'abord l'article en anglais, comme s'il fallait toujours être à la traîne des wikipédiens anglophones. Je me suis permis de ramener
mon grain de sel en ce qui concerne la proposition de supprimer, en votant pour la conservation de l'article. Puisque le procédé existe, il a sa place dans l'encyclopédie dite libre! Sans compter
qu'on est en droit de penser que Leo Scheer connaît son métier d'éditeur, et en parle en connaissance de cause.
Et en guise de conclusion, je dirai qu'on se réjouit de voir le livre de Barberine!
L'article sur Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9tropublication
Ce qu'en dit Leo Scheer: http://www.leoscheer.com/blog/2008/05/18/556-retropublication-et-wikipedia
Les Manuscrits: http://www.leoscheer.com/spip.php?page=manuscrit
Lisabuzz.com parle de Fattorius :
"Tantôt drôles, tantôt émouvants, toujours enrichissants, les posts écrits par Daniel Fattore font du blog Fattorius un grand espoir du web de demain. Il s agit, parait-il, du blog dont les lecteurs disposent
du QI le plus élevé. Cela ne m'étonnerait pas. Pourvu que Daniel Fattore ne s'arrête jamais de nous régaler ! signé http://blog.lisabuzz.com"
Il y a là un site ultra-critique au sujet de Wikipedia: http://wikipedia.un.mythe.over-blog.com/ . C'est parfois outré, mais comme souvent, il n'y a pas de fumée sans feu...
Reste aussi que le procédé n'implique pas forcément le jugement préalable du lectorat Internet. On se rapprocherait alors de l'impression d'un texte préexistant mais jugé bon par un éditeur curieux. Des légendes "urbaines" circulaient à ce sujet, bien avant le cas de Barberine; mais je n'en sais pas plus.
Christian, merci de votre passage! Je vais garder le site du "Roseau" en mémoire; les explications qui y figurent sont intéressantes.
"Barberine"? Pourquoi pas! L'auteur du récit endossera ainsi "nominalement" le rôle qu'elle joue dans la technique de la rétropublication en France, la catapultant ainsi dans l'histoire, pour peu, en effet, que ces mots connaissent une fortune suffisante.
Côté Wikipedia, en revanche, la Barberine est en train de sombrer corps et biens...
Merci de votre visite! Vous n'avez pas tout tort: plus j'y réfléchis, plus il y a des éléments foireux dans Wikipedia. Que cela soit le cas ou non, il convient de prendre ce truc pour ce qu'il est: un point de départ qui ne dispense personne d'aller creuser plus loin. Et quand on en connaît les coulisses, j'en conviens, on a parfois envie de se pincer le nez...