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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 10:01

Lors d'une discussion, un ami a évoqué l'idée de supprimer les millésimes des vins - une idée qui trouverait des oreilles attentives dans le monde viticole. A première vue, c'est révolutionnaire... mais après tout, il vaut la peine d'y réfléchir. Et de voir comment positionner le produit à partir de là.

Il convient d'abord de rappeler que cela se fait depuis belle lurette pour les vins les plus prestigieux qui soient: les champagnes. Seules les meilleures années des meilleurs crus sont millésimées, les autres ne l'étant pas. Cela résulte d'une démarche visant à garantir un goût d'une bouteile à l'autre: quand on achète un champagne, on sait ce qu'on a dans le verre. Cela, sans pour autant transiger sur la qualité. Bref, on crée une "valeur sûre".

Pourquoi ne pas étendre cette logique aux vins ordinaires, rouges, rosés ou blancs, que l'on boit tous les jours? On peut en effet se demander si c'est "le" bon millésime que l'on recherche quand on veut un demi d'ordinaire pour accompagner sa pizza surgelée ou son plat de pâtes, un soir normal, après le travail. Que demande-t-on plutôt? Un vin qui soit agréable à boire et qui apporte du plaisir - même modeste, ce sera un produit qui apportera un air de fête au repas le plus commun. L'art du producteur, dès lors, devra être d'assurer, pour sa gamme "grande consommation", un produit homogène - en mélangeant les millésimes au besoin, peut-être. Le millésime conférera, par contrecoup, une valeur ajoutée aux vins "de prestige" qu'il produit, le cas échéant. Le client achètera ce produit "de luxe" pour les dimanches, et goûtera l'ordinaire (cela dit sans nuance péjorative) les jours de semaine.

En vue d'un bon marketing, la question sera alors de savoir en dessous de quel prix le client sera d'accord de renoncer au millésime, ou au contraire à paritr de quel prix il l'exigera. Cinq, dix francs suisses? Il n'y a certainement pas de réponse unique. Et certains terroirs de tradition conserveront peut-être l'habitude de millésimer, pour des raisons d'AOC par exemple. A voir, à concevoir, à penser.

En conclusion illustrative, je me souviens d'une idée sympathique qui m'a agréablement surpris: le concept des vins "Chamarré". Son principe? Pas de terroir, pas de millésime, rien que des cépages ou des assemblages avec un caractère distinct. La gamme est assortie de façon quasi pédagogique, avec des indications sur le caractère accessible du vin proposé. Les produits sont certes plus anonymes; on n'imagine guère la barrique de bois ancestrale ou la main du vigneron en les dégustant; mais ils recèlent une agréable surprise gustative. Et d'où vient cette petite révolution? De France...

Pour en savoir plus:
http://www.chamarre.ch (en allemand).

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Publié par Daniel Fattore - dans Plaisirs de bouche
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commentaires

Bruno 03/05/2008 21:56

D'accord avec cette idée, pour les vins dits "petits vins" mais attention à ne pas la généraliser, au risque d'uniformiser les vins !

Daniel Fattore 04/05/2008 18:25


... en effet. Il y a des vins produits de manière artisanale qui méritent leur "exception" (vignerons indépendants, raisins cueillis à la main comme c'est souvent le cas en Suisse, etc.). Mais d'un
autre côté, il y a aussi des produits industriels destinés à être vendus à bas prix - parfois très bons, quand même - c'est plutôt à ce genre de vins que je pense.


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