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Dimanche 6 juillet 2008

Je suis allé ce soir rédiger une pige pour le journal "La Liberté", après un concert de musique baroque donné dans le cadre du Festival international de musiques sacrées de Fribourg. Je passe mon texte à réviser à un collaborateur régulier, qui me demande ce qu'est un "cornet à bouquin". Je lui réponds que c'est un sac dans lequel on met des livres...

De quoi s'agit-il, en réalité? Il s'agit d'un instrument à musique de la famille des cuivres, évolution de la simple corne d'appel rendue célèbre par un certain Roland à Roncevaux. Sa forme définitive se fixe à la Renaissance, mais il est attesté dès le Haut Moyen Age déjà (VIIIe siècle). Parent du serpent, sa configuration et sa sonorité brillante lui offrent une virtuosité qui lui permet de rivaliser avec le violon ou avec la flûte. 

Pourquoi bouquin, alors? Il s'agit certes d'un cuivre, mais à l'origine, il était fabriqué à partir d'une corne de bouc qu'on perçait de trous à la manière d'une flûte. Le bois (poirier, merisier), gougé en forme conique, de section ronde ou octogonale, est venu remplacer la corne. L'instrument est constitué de deux morceaux réunis par du cuir afin d'en garantir l'étanchéité. L'embouchure, enfin, fait aussi partie de l'objet; elle peut être en corne, en bois d'ébène ou en métal. Si son embouchure est intérieure, l'instrument devient un cornet muet, de sonorité plus douce.

A noter qu'une autre étymologie moins animale fait remonter le fameux "bouquin" à l'italien "bocca", qui signifie "bouche" et fait référence à son embouchure (comme une trompette), qui le rapproche des cuivres en dépit de sa fabrication en bois.

Giovanni Gabrieli a contribué à son répertoire, qui est du reste fort étendu quoiqu'un peu oublié aujourd'hui. D'autres compositeurs, vénitiens entre autres, ont écrit pour cet instrument: Monteverdi, Rognoni, Palestrina, etc. Sa période faste se situe au XVIe siècle, à Venise; on l'abandonne dès la seconde moitié du siècle suivant. Son usage se prolonge jusqu'en 1700 en Allemagne ou en Autriche, voire au-delà dans les pays nordiques, mais on n'en parlera plus au-delà de 1750, supplanté qu'il est alors par le violon, par la trompette (plus bruyante pour un niveau de virtuosité voisin) et par le hautbois, de sonorité voisine.

Pour en savoir plus: priez Saint Google...
Photo:
http://membres.lycos.fr/orguever/le_cornet_a_bouquin.html - où vous pourrez par ailleurs entendre le "cornet à bouquin" et en apprendre davantage.

par Daniel Fattore publié dans : Musique
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