... moins que les Français, mais plus que les Allemands! J'avais déjà lu cette information dans
un torchon gratuit, mais le journal genevois "Le Temps" a publié aujourd'hui, à ce sujet, un article développé. Première information: 11% des Suisses sont épuisés, mais cela ne les empêche pas
d'être heureux dans leur emploi. C'est ce que révèle une étude européenne, la quatrième du genre. Qui serait touché, selon l'étude? Le personnel très qualifié, les indépendants, les cadres, le
personnel de l'agriculture... et de l'administration.
Le journal ajoute que personne ne fait rien pour améliorer la situation. Des solutions? Offrir des coussins au personnel, lui ouvrir des salles de repos, voire créer des établissements offrant un
plumard et un lieu calme à louer pour vingt minutes? Ce sont des idées, en partie réalisées; mon entreprise commence par exemple à parler de salles de repos. Par ailleurs, il semble important de
maintenir des lieux de vie telles que les cafétérias, et d'arrêter de les considérer comme des endroits où le temps est mort. Mais la fatigue peut être plus profonde, d'après l'article - il
s'agit bien de celle, pernicieuse, qui débouche sur le burn-out, la fibromyalgie ou le syndrome de fatigue chronique (SFC, ça existe!) Autrefois, ça s'appelait "acédie" (ô le joli mot!),
mélancolie ou neurasthénie.
Les Suisses travailleraient-ils trop? On garde encore en tête cette image du p'tit Suisse aux bras noueux, toujours en train de sanctifier son turbin et d'en faire des tonnes. Mais l'article
expose qu'il n'y a pas de lien entre la quantité de travail absorbée et la fatigue vécue - au contraire même, il semblerait qu'un collaborateur sous-occupé se trouve plus fatigué qu'un autre. "Ce
qui est le plus épuisant, affirme Marc Loriol, chercheur au CNRS à Paris, c'est d'avoir à réaliser en permanence un travail pour lequel on n'a pas les moyens nécessaires et qui n'est ni reconnu
ni valorisé. Les gens qui ne travaillent pas sont plus malades que les autres."
Alors, faudrait-il se noyer dans le travail pour, paradoxalement, être moins épuisé? On se le demande. Et l'article relève aussi que personne, en définitive, ne fait rien pour contrer le
problème, alors qu'il joue un rôle dans l'absentéisme (et, j'imagine, dans le "présentéisme" aussi). Tout cela est donc insidieux...
Quant à moi, je sens que je vais aller très bientôt piquer un petit roupillon qui va me conduire jusqu'à demain... non sans avoir lu un moment!
Pour en savoir plus: Marc Loriol, Mauvaise fatigue et contrôle de soi, Pistes, 2002.
Photo: Flickr/Irayholly
Je ne suis en revanche pas en mesure de vous passer l'intéressant article du "Temps", réservé aux abonnés en ligne du journal (ce que je ne suis pas).



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