Passer aux aveux, jouer les lecteurs compulsifs anonymes? Je vais le faire, à la suite
de Liliba, qui s'est lancée dans une confession qui ne manque pas d'humour. Je lis par brouettes entières... et un livre chasse l'autre comme la
nouvelle cigarette du fumeur invétéré chasse l'ancienne, devenue un mégot infumable dont on garde surtout l'agréable souvenir.
Pile à lire? Je me suis permis d'utiliser un pluriel entre parenthèses dans le titre du présent papier. En effet, mes piles s'étagent en sept colonnes bien serrées et surtout hautes. Un
incident m'a du reste poussé, l'autre jour, à y mettre bon ordre: j'avais, avant une ou deux piles très basses (beaucoup tapé dedans!) et, surtout, deux piles très hautes, au fond. De loin,
c'était les Twin Towers! Et voilà que je débarque, Ben Laden d'occasion, pour attraper le livre "Entre les murs" de François Bégaudeau: autant lire actuel, tant qu'à faire! Alors hop, je dégage
la Twin Tower de devant. Et là, l'autre, qui s'appuyait en équilibre instable sur la première, s'effondre, paf, sur ma pauvre tête. Et se prendre "Les deux étendards" de Lucien Rebatet sur la
tronche, croyez-moi, ça ne fait pas du bien.
Donc, j'attrape Bégaudeau, et je reconstitue les piles en allant chercher tous les bouquins un peu partout dans la pièce: comme à New York le 11 septembre 2001, les tours les plus élevées étaient
visées, mais d'autres tours ont aussi souffert, par dommage collatéral.
J'ai donc de la réserve, entre deux et trois cents ouvrages à parcourir. J'aimerais avoir des vacances éternelles pour ce faire! Sans compter mes activités d'écriture. Mais le travail n'attend
pas... Reste qu'avec ce topo, j'ai toujours un peu de retard sur les rentrées littéraires. Je me fournis partout où c'est possible, achetant, raflant, glanant (un vrai freegan du livre!), etc. Et
force m'est de constater qu'il rentre davantage d'ouvrages qu'il n'en sort. J'ai donc renoncé depuis longtemps à croire que ce conglomérat de piles à lire diminuera un jour. Cela même s'il y a un
roulement. Cela permet par ailleurs d'avoir en permanence un livre d'avance, donc de la réserve.
Ma liste à lire tient dans un carnet, que je tiens depuis des années (c'est déjà le deuxième que j'use). Il contient des titres impossibles à trouver (qui connaît "Piège sur le réseau" de Philip
Finch? ou les "Satyres chrestiennes de la cuisine papale", texte anonyme?), ainsi que ce qui me passe sous les yeux. Zazieweb l'a nourrie, tout comme la presse locale ou les visites sur Amazon.
Savent bien vendre, ceux-là.
Les lieux de lecture? Essentiellement les transports publics, le lit, le salon, et tous les lieux classiques pour ce faire. Je n'hésite pas à le faire en attendant mon plat du jour au restaurant,
ou sur un banc à l'extérieur. Je ne suis pas sûr que ma mémoire soit sûre sur ce coup-ci, mais j'ai aussi dû le faire, une fois ou l'autre, dans des bars (ça c'est sûr) ou en boîte. Bref, tout
est bon.
Je me suis par ailleurs lancé, au début de l'année, dans le sympathique défi de la Confrérie des 10001 pages. Cela ressemblait à un défi
purement quantitatif, au début: reprendre une activité qui, en 2007, passait un peu à l'as. Résultat: je lis davantage, c'est clair. A côté de cela, je me suis mis à le faire, de temps à autre,
un crayon à la main pour noter impressions et choses vues - vous en avez le reflet dans certains de mes billets. Noter les impressions, c'est un truc recommandable; je me demande pourquoi je n'ai
pas commencé plus tôt. Bref, une évolution saine pour ce loisir. Et vous, vous arrive-t-il de prendre des notes en lisant?
P. S.: paraît qu'il y a des concours de piles à lire...







... on sait qu'on se retrouve
avec un petit vin qui devrait se boire tout seul! Je n'ai pas réfléchi plus loin en achetant ce soir, pour accompagner la saucisse vespérale, une bouteille de "Sangre de Toro" Torres 2006, vin
catalan dont l'ambition, depuis 1954, est de créer un breuvage typiquement catalan.
Récemment, mon père m'a ramené d'Italie la mégacompilation de Gianni Morandi... chouette! Trois cédés (soit quarante-huit chansons!) du chanteur italien, qui tient la scène
depuis environ 42 ans. Un dinosaure, mais aussi une voix qui n'a pas pris une ride, et un chanteur qui a su traverser les modes, en prendre le meilleur sans se renier, des violons des années
1960/70 aux synthés de plus tard. C'est parfois très, très sentimental, parfois cocasse, parfois sucré, parfois même vachement engagé ("C'era un ragazzo che come me amava i Beatles e i Rolling
Stones", sur la guerre du Viêt-Nam)... Le pire, c'est qu'on aime ça. L'Italie recèle quand même de sacrées voix...

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