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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 19:21

Cebius VieDéfi Premier roman.

 

Drôle d'expérience, quand on a quelque connaissance en médecine, de se retrouver à son tour sur le billard pour un problème cardiaque! C'est ce qui arrive à Toubib, narrateur principal du premier roman d'Alain Cébius, "La vie est trop courte pour la partager", paru tout dernièrement chez Hélice Hélas. L'occasion de faire le bilan en forme d'anamnèse d'un bout de vie... et de réinventer un contact avec son fils, Miguel, atteint du syndrome d'Asperger, qui ne s'exprime qu'à travers son journal.

 

Deux voix pour un roman, donc. L'auteur ne nomme certes jamais le syndrome dont Miguel est atteint. Plutôt que de dire, en effet, il montre, et de manière crédible. On découvre donc un enfant mutique, qui observe le monde à sa manière, maniaque (ah, ce souci des horaires, et cette habitude de manger seul), globalement détachée, et volontiers cérébrale. Ce journal constitue le contrepoint à la voix de Toubib. Celle-ci est libre, facilement familière, et dévoile un homme qui a déjà un vécu. Les intermittences de son muscle cardiaque semblent faire écho à celles de ses sentiments.

 

Tout se passe autour du moment particulier où Miguel s'évade du foyer où il vit. A la première personne, Toubib évoque ses amours. Il y a celles qu'il rejette, à l'instar de Marie-Anne, qui lui tourne autour sous le prétexte qu'en tant que soignante attitrée de Miguel, elle connaît mieux son fils que lui-même. Autour de ce personnage aux airs de repoussoir, l'auteur développe le récit d'une relation malsaine, comme si Marie-Anne voulait avoir le père pour mieux garder le fils.

 

Toubib est du reste veuf, sa compagne devenue médecin étant morte en couches. Il a également connu une Sarah, infirmière, devenue femme de théâtre grâce à la pension alimentaire que lui verse son ex-mari - un chirurgien qui n'est pas Toubib. En baladant son personnage, un brin misanthrope, devant ce qu'est devenue la salle de théâtre lausannoise (fictive) du "Fol Arlequin", le narrateur se désespère... gageons que là-derrière, l'auteur, homme de théâtre, a mis quelque chose de sa propre expérience.

 

Amour filial, amours féminines contrariées: la vie est certes trop courte pour être partagée... ou alors, autant la partager avec ceux qu'on aime vraiment, jusqu'au bout. Avec son premier roman, l'écrivain fribourgeois Alain Cébius propose un beau texte, émouvant, sur ce coeur que nous avons tous et qui, dans tous ses états, n'en fait qu'à sa tête et bat comme il veut.

 

Alain Cébius, La vie est trop courte pour être partagée, Vevey, Hélice Hélas, 2016.

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