Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 22:38

Imsand MuséeLu par Francis Richard.

Défi Premier roman.

 

Plusieurs personnages se côtoient dans "Le musée brûle", premier roman de la peintre lausannoise Marie-José Imsand. Cela, dans un contexte qui oscille entre Lausanne et la Roumanie et s'ouvre sur un décès: celui de Pablo, le père de Cyan. Décès suivi d'un rituel qui permet à Cyan, artiste, de faire une parenthèse lausannoise dans sa vie, sous la houlette de David, ami du père défunt - un devoir d'amitié.

 

Musicien, photographe, peintre, plasticienne: les différentes formes d'art se côtoient, s'entrechoquent ou s'évitent dans "Le musée brûle". Photographe de presse, David va réaliser un reportage en Irak. Pendant ce temps, Cyan et Jaïna, fille de David, vivent côte à côte l'un de l'autre. Jaïna signe le vernissage d'une installation moderne dont la description détachée épate le lecteur, Cyan devient balayeur pour assurer son indépendance économique, et se perfectionne aux beaux-arts à Lausanne - comme artiste, son prénom est prédestiné. Tout cela, sans oublier la figure tutélaire de feu Pablo le musicien - et l'omniprésence des livres chez David, lecteur du philosophe Alain.

 

"Le musée brûle"? Il y a certes un incendie au musée dans ce roman; mais la rencontre entre des artistes ne peut-elle pas être incandescente aussi, au figuré? Dans ce roman, les artistes se frottent, sans que n'éclate, ou si peu, un flamboiement créatif, au niveau de l'histoire du moins: en fin de roman, chacun retourne vaquer à ses occupations, certes enrichi par cette tranche de vie, et Cyan, définitivement une belle personne, retourne en Roumanie. L'auteure, de ce point de vue, boucle la boucle en reprenant, vers la fin du roman, l'image initiale du café soluble dilué dans de l'eau chaude du robinet.

 

L'écriture a de quoi surprendre. Un brin désordonnée, se construisant de manière naturelle et brute, elle balade le lecteur et le déroute parfois, même si l'histoire avance de façon cohérente. Elle passe de la troisième à la première personne sans crier gare parfois, laissant au lecteur le soin de négocier le virage. En fil de récit, cependant, quelques indications apparaissent, donnant des pistes. Et l'écriture, compacte, laisse libre cours au vécu et aux ressentis des personnages - des choses qu'ils expriment comme ils les pensent, comme ils les vivent, sans artifices.

 

Marie-José Imsand, Le musée brûle, Lausanne, BSN Press, 2016.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Daniel Fattore
  • Le blog de Daniel Fattore
  • : Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.
  • Contact

Les lectures maison

Pour commander mon recueil de nouvelles "Le Noeud de l'intrigue", cliquer sur la couverture ci-dessous:

partage photo gratuit

Pour commander mon mémoire de mastère en administration publique "Minorités linguistiques, où êtes-vous?", cliquer ici.

 

Recherche

 

 

"Parler avec exigence, c'est offrir à l'autre le meilleur de ce que peut un esprit."
Marc BONNANT.

 

 

"Nous devons être des indignés linguistiques!"
Abdou DIOUF.