Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 22:24

Chapuis ParcLu par Francis Richard.

 

Court, noir. Ou blanc, puisqu'il y a de la neige. Et rouge, puisqu'il y a un mort. L'écrivain vaudois Olivier Chapuis, président de l'Association vaudoise des écrivains, livre avec "Le Parc" un bref roman noir réussi, qui trouve le ton juste entre efficacité et désir de faire naître des images au gré des comparaisons. Cela, sans oublier quelques idées bien dans l'air du temps, véhiculées par les personnages.

 

Il y a d'abord la scène d'origine, soit un prologue d'une page. Factuelle, un peu comme un article de journal, cette exposition contient en germe toutes les questions auxquelles le roman va répondre: pourquoi cet homme mort, gisant dans la neige qui recouvre le parc Mon-Repos à Lausanne? Qui est-il, d'ailleurs? Dernières réponses dans l'épilogue qui lui fait écho. Et aussi entre les deux...

 

La construction du roman est originale. Elle adopte tour à tour six points de vue, correspondant à six personnages concernés. L'auteur se montre virtuose ici, à plus d'un titre. Il a l'art de faire ricocher, d'un personnage à l'autre, certains éléments et détails d'une action minimale: la balle qu'on tire, l'enfant qui traverse inconsidérément la route, l'artiste auquel on rend visite, l'arme du crime même. Et puis, l'auteur glisse avec aisance d'un personnage à l'autre, sans aspérité malvenue.

 

Et si l'auteur réduit sa narration à l'essentiel et la rend ainsi percutante, il ne dédaigne pas pour autant de s'attarder sur certains aspects. Les pages qui tournent autour de l'arme du crime, vendue, utilisée, collectionnée, ont de quoi fasciner par leur réalisme, notamment s'agissant de l'expérience de tir. L'auteur en profite pour glisser une ébauche de débat sur la pertinence des armes à feu et de leur utilisation, fût-elle sportive. Il y a aussi quelques réflexions sur l'art, amenée par la présence d'un artiste où l'un des personnages va se mettre au chaud.

 

Enfin, les questions d'écologie sont aussi présentes; elles rebondissent d'un chapitre à l'autre. Jeu de ricochets, à nouveau, cette fois sur les idées. Concrets ou abstraits, ces ricochets rappellent ceux que peut faire une balle perdue. Comme celle qu'a ramassée le personnage mort au milieu du parc et qui gît, entre des badauds animés par une curiosité malsaine, un photographe qui passait par là et la police.

 

Ramassé et efficace, servi par une écriture sans effet inutile, "Le Parc" est construit avec beaucoup d'adresse et de finesse. L'utilisation de la troisième personne du singulier, d'un bout à l'autre du roman, impose un certain recul: l'auteur se fait ainsi curieux, observateur. "Le Parc" s'avère un roman rapide qui captive, à la manière d'une longue nouvelle bien accrocheuse.

 

Olivier Chapuis, Le Parc, Lausanne, BSN Press, 2015.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Daniel Fattore
  • Le blog de Daniel Fattore
  • : Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.
  • Contact

Les lectures maison

Pour commander mon recueil de nouvelles "Le Noeud de l'intrigue", cliquer sur la couverture ci-dessous:

partage photo gratuit

Pour commander mon mémoire de mastère en administration publique "Minorités linguistiques, où êtes-vous?", cliquer ici.

 

Recherche

 

 

"Parler avec exigence, c'est offrir à l'autre le meilleur de ce que peut un esprit."
Marc BONNANT.

 

 

"Nous devons être des indignés linguistiques!"
Abdou DIOUF.