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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 20:21

Frémont Salaud

Défi Polars et thrillers, défi Premier roman.

 

Limoges comme on ne l'a jamais vu, ou presque. C'est le programme principal du premier roman de Pierre Frémont, "Un salaud au salon". Ce petit livre rapidement lu évoque certes le "Salon du livre oublié", organisé à Limoges, mais aussi et surtout les coins et recoins de la ville.

 

Avant tout commentaire de lecture, je relève que c'est grâce à Caroline Doudet que j'ai découvert ce livre. Je l'ai acheté au salon "Lire à Limoges", où je me suis trouvé de passage au printemps dernier, à la veille d'une dictée à Saint-Vaury (Creuse). Merci de m'avoir signalé cet événement!

 

L'ouverture est pour le moins spectaculaire: on se retrouve avec un personnage mort dans une mise en scène macabre, à l'intérieur du frigo du bar du Salon du livre oublié. Et quelques crimes passés, non moins dantesques, sont décrits avec force détails. A partir de là, cependant, l'intrigue policière s'avère minimale. L'auteur pose pourtant quelques bonnes questions: faut-il maintenir le salon? Qui est suspect? Et quelle est l'ambiance sur le salon?

 

Ce dernier point, force est de constater que l'auteur n'y pense guère, alors qu'il aurait pu installer toute une ambiance de psychose, entre auteurs qui annulent, écrivains courageux venus malgré les risques et organisateurs qui pètent les fusibles. Cela, d'autant plus que l'écrivain décrit, au chapitre 1, le programme de ce salon qui se pose en dehors des chemins trop prévisibles d'une édition mainstream présentée comme commerciale et creuse. C'est prometteur, certes; mais au-delà d'un programme généraliste aux accents libertaires, on ne saura guère quelles révolutions l'on fomente dans ce salon de Limoges.

 

L'auteur ne manque pas une occasion d'imposer son caractère frondeur, dont la révolte penche à gauche, tendance anarchiste ou mélenchoniste peut-être, quitte à ne pas laisser au lecteur l'occasion de réfléchir lui-même, hors de tout schéma politique, sur ce qui se présente à lui. Paru en 2010, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, "Un salaud au salon" n'hésite pas à lancer quelques piques bien senties à l'encontre d'un homme volontiers vu comme "le président des riches" et, plus généralement, du conservatisme de droite.

 

Un regard clivant donc agaçant, une intrigue minimale qui dévoile un coupable (un sale raciste!) qui semble assez prévisible après coup: pourquoi vaut-il la peine de lire "Un salaud au salon" malgré tout? Sur 149 pages, l'auteur donne envie de découvrir les coins (mé)connus de Limoges à ceux qui ne les connaissent pas, et de les revisiter à ceux qui en sont familiers. Les (bons) bistrots sont cités, sans doute les reconnaîtra-t-on au détour d'une rue! Et puis, et c'est là la vraie force stylistique de ce petit polar régional, le lecteur va apprécier les jeux de mots en cascade, canailles à l'envi, qu'ils viennent de ses personnages ou tombent au fil de la plume de l'écrivain. Un écrivain qui, à l'occasion, sait parfois se montrer l'égal, au moins, d'un Frédéric Dard.

 

Pierre Frémont, Un salaud au salon, Limoges, Le bruit des autres, 2010.

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commentaires

L'Irrégulière 13/10/2015 16:19

Je suis ravie de t'avoir fait découvrir ce salon que j'aime beaucoup !

DF 20/10/2015 09:34

Ce fut une jolie découverte, en effet! Encore merci pour le tuyau et bonne journée à toi!

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