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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 21:53

hebergement d'imageLu par Alain, Caro, Cécile, Ingannmic, Miss Orchidée.

 

Je n'ai pas encore suffisamment lu Serge Joncour, bien que nos chemins se croisent régulièrement à la Fête du Livre de Saint-Etienne. Mais il n'est jamais trop tard! C'est donc avec beaucoup de curiosité et d'intérêt que je me suis plongé dans "U. V.". Un rayon de soleil au plus fort de l'hiver? C'est surtout un roman où le soleil cogne fort. Un roman aux apparences d'une photo surexposée, aux couleurs trop claires qui dérangent. Pour le plus grand bonheur du lecteur.

 

Dès le début, l'auteur a le souci d'éblouir, de mettre du soleil partout. Boris, l'étranger aux airs de rastaquouère qui s'incruste dans la famille de son ami Philip en attendant son arrivée, est vêtu de blanc - autant dire de lumière, une lumière qui pourrait faire écho aux feux d'artifice du 14 juillet. Au début du roman, Boris a le soleil en face. C'est à nouveau le cas plus tard, lors du tennis avec André-Pierre: Boris est à l'aise partout, et a suffisamment de culot pour tout envisager. Et charmer tout le monde. Rien ou presque ne paraît atteindre son vêtement blanc - sauf peut-être quelques péripéties à bord d'un bateau.

 

Boris excelle à se faire apprécier de la famille qui l'accueille. Une appréciation qui va jusqu'à la sensualité, grâce à la présence de deux soeurs jumelles, jeunes encore, Julie et Vanessa, et souvent court vêtues, voire dénudées, presque impudiques. Il n'en faut pas plus pour que l'ambiance devienne explosive. Là, c'est à André-Pierre de jouer... il joue une partition à contretemps: celle du mari veule et jaloux, peut-être détestable, mais en aucun cas dupe. Indispensable détonateur, il agace comme une griffe sur une vitre par ailleurs immaculée.

 

Un détonateur qui intervient dans une ambiance faussement calme, faite de cordialités de circonstance, de scènes de vie bourgeoise (tel cet échange d'impressions autour d'un fusil de chasse) et de manipulations douces, comme on peut en connaître dans certains films - la quatrième de couverture mentionne Claude Chabrol. Ce côté serein est accentué par le lyrisme avec lequel l'auteur évoque la nature et la mer - réservant quelques pages superbes à ces sujets.

 

Roman lumineux, écrit dans une langue fine, "U. V." dévoile peu à peu les relations interpersonnelles, par touches ou par allusions. Le dispositif choisi met en place un petit nombre de personnages, et explore les tempéraments, les frotte jusqu'à l'explosion finale - j'allais dire "le feu d'artifice", très attendu: en retardant autant que possible l'arrivée de Philip, l'auteur crée une attente qui va amener précisément le lecteur là où l'auteur veut le conduire. Comment? En le rendant curieux et en le poussant à tourner les pages. Tout simplement.

 

Serge Joncour, U. V., Paris, Le Dilettante/Folio, 2003/2007.

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 23/12/2014 19:49

Te voilà convaincu. Il ne te reste plus qu'à lire ses autres romans....

DF 23/12/2014 20:58

... et j'en ai un ou deux autres sur ma pile à lire; me voilà paré!

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