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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 20:51

hebergement d'imageLu par Michel M., Myriam Gallot, Thaïs, Wrath.

Défi Premier roman.

Le site de l'éditeur, le blog de l'auteur - que je remercie pour l'envoi de ce livre!

 

S'attaquer à Satan: belle ambition pour un premier roman. Avec "Confessions de Satan", Marc Séfaris - que j'ai côtoyé naguère sur le défunt blog de Lise-Marie Jaillant - installe son récit du côté de Lyon, où il s'en passe de belles du côté des satanistes. Enfin, de belles... façon de parler, tant ceux-ci respirent la médiocrité. En revanche, "Confessions de Satan" est un premier roman fort bien troussé, au ton jeune et alerte, que l'on dévore avec aisance.

 

Médiocrité sataniste... celle-ci est dépeinte de manière crédible: l'auteur met en scène quelques petites frappes désoeuvrées, peut-être de bonne famille, qui s'amusent à faire les quatre cents coups au nom de Satan. L'auteur observe ces éléments à travers les yeux de la presse, en se mettant dans la peau d'une jeune stagiaire journaliste, Marie Raffin. Elle-même visée par les actes de ces adorateurs de Satan en peau de lapin (ce qui va lui faire peur... et le lecteur frissonne à son tour, un peu), elle va les suivre à la manière d'une enquêteuse de presse faisant ses premières armes dans l'investigation.

 

En contrepoint, intervient la figure de Satan. L'auteur a su capter ce que le maître des ténèbres pense de ses adorateurs, et plus généralement du monde actuel: tout cela est bien mou! Le mal ne vaut plus grand-chose, il n'y a plus de grands orfèvres en la matière... La déception de Satan est palpable, pour le moins. L'auteur lui prête une plume, en la personne de l'écrivain énigmatique Victor Frappier. Un bonhomme dont l'évolution au fil du roman est étonnante: de misanthrope et misogyne patenté, il devient le bon compagnon qui met le champagne au frais pour saluer le succès de Marie Raffin. Est-ce parce que Frappier a côtoyé son père? Et qui est-il, d'ailleurs, ce père, cancéreux devenu fou?

 

Marie Raffin est un personnage globalement bien construit, même si on l'aurait parfois aimé un peu plus féminin - quitte à oser quelques stéréotypes faciles. L'auteur recrée avec charme sa jeunesse, faite d'idées et d'idéaux, marquée aussi par la subordination à un rédacteur en chef peu scrupuleux face auquel elle n'ose guère réagir. Cela, sans oublier l'instabilité sentimentale: son couple a splitté, mais son ex revient vers elle, et l'on devine un peu trop qu'il est davantage question de plaisirs de la chair que de volonté de construire quelque chose de solide ensemble. Enfin, il y a un certain détachement face à certains éléments dramatiques pour d'autres, telle la mort de sa mère. La première fois qu'elle est évoquée, le lecteur croit à une sortie lourdement ironique; une intervention du père de Marie lui donne un éclairage soudain différent, grave et brutal: n'en aurait-elle vraiment rien à faire?

 

L'exploitation des personnages secondaires, enfin, dénote une excellente économie du récit: telle fille au look gothique rencontrée lors d'une soirée "petits joints et grandes conversations" va refaire surface plus loin, le frère immature de Marie donne à celle-ci, par contraste, une image de relative maturité alors qu'elle a moins de vingt ans. En arrière-plan, enfin, il y a la police, les juges... Et pour soutenir le tout, l'auteur fait montre d'une réelle culture: renseigné sur les questions de Dieu et du Diable, il les exploite pour donner de l'épaisseur aux "Confessions de Satan".

 

Dès lors, une seule question: Marco, à quand ton prochain roman?

 

Marc Séfaris, Confessions de Satan, Lyon, Jacques André Editeur, 2008. Note: le numéro d'éditeur est 666. On ne nous fera pas croire que c'est un hasard du catalogue.

 

 

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