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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 21:04

hebergeur imageLu par Allie, Blablablamia, Cornwall, Ghislaine Borie, Jacques Teissier, Hannibal Lecteur, Oncle Paul, Passion de lecteur, Pierre Faverolle, Sweetie.

Défi Thrillers et polars.

 

... les deux, mon colonel! Une coucherie de trop et l'on touche aux hautes sphères, où ça chauffe vite pour le matricule des anges, si j'ose ainsi m'exprimer. C'est ce que Fitz apprend à ses dépens dans le cadre du troisième roman qui le met en scène, "Mais je fais quoi du corps?", ouvrage signé du prolifique écrivain Olivier Gay. Sexe et politique: une association fréquente, que l'auteur revisite avec bonheur.

 

Pour ceux qui le connaissent, le titre fait penser à "Que veux-tu qu'on fasse du corps?" d'Antoine Geraci; mais si ces deux ouvrages mettent bel et bien en scène des morts suspectes débouchant sur une intrigue policière, la comparaison s'arrête là, tant le sens donné à ces phrases fort proches est différent d'un auteur à l'autre. Si Antoine Geraci exploite son titre comme élément d'implication d'un innocent au nom de l'amitié, Olivier Gay utilise le sien comme leitmotiv obsédant, dans une intrigue plutôt corrosive pour les amitiés de toujours.

 

Fitz est de retour!

Ah, le fameux Fitz... alias John-Fitzgerald Dumont! Le lecteur le retrouve avec plaisir: c'est un dealer à la petite semaine, on le sait. Dépourvu d'ambition autre que de pouvoir vivre de son petit métier, confortablement mais sans se forcer, c'est une figure d'antihéros. En le plongeant dans des situations improbables où il a régulièrement le dessous, l'auteur démontre, par contraste, que l'exploitation des ressources qu'on a en soi permet de se surpasser. Avec l'aide des amis, au besoin: le lecteur retrouve avec plaisir Deborah et Moussah, les amis indéfectibles (mais pour combien de temps?) de Fitz.

 

L'adultère est un thème littéraire de toujours. L'auteur le revisite en caricaturant de façon spectaculaire l'image du mari jaloux: on n'est plus à l'ère de la vendetta corse, et le cocu a les moyens de mettre le paquet. Après l'intrigant prologue, la scène d'ouverture est aussi classique et caricaturale à la fois: elle met en scène Fitz et Daniela au lit, un lendemain d'hier. On se souvient que certains films de James Bond commencent comme ça...

 

Bien de son époque

En revanche, le volet politique de ce roman ancre celui-ci dans notre époque, résolument - l'arrière-plan est celui des années 2012/2013, François Hollande est président de la république française et il est question de faire passer le mariage pour tous. L'auteur a la sagesse de ne pas prendre parti à ce sujet, mais de le présenter discrètement en arrière-plan, juste pour indiquer l'époque - et y adosser les personnages de Georges Venard et Jérôme Sultan. Je vous laisse découvrir comment...

 

Et qui dit époque contemporaine dit technologies modernes. "Mais je fais quoi du corps?" en est truffé; là, l'auteur interroge le lecteur sur la manière dont il vivrait sans téléphone portable, sans Internet accessible partout: son personnage va se trouver privé de ses ressources, et même contraint à devoir utiliser des cybercafés, et même des cabines téléphoniques (euh, comme moi, tiens!). Les problèmes deviennent vite très concrets...

 

Le style de l'auteur est celui qu'on lui connaît, alerte, drôle ou ironique de temps à autre, voire imbibé d'un soupçon de cynisme bien placé. Cela, surtout à l'encontre de Fitz, le narrateur, qui sait parler de lui-même de façon à se rendre attachant malgré un profil où les petits défauts pèsent leur poids.

 

Au final, "Mais je fais quoi du corps" ne dépare pas la trilogie des romans mettant en scène John-Fitzgerald Dumont: fondé sur quelques éléments éprouvés revus avec originalité, l'ouvrage est solide et bien ficelé. Quelques allusions précises aux deux autres romans devraient inciter le lecteur à s'y plonger. Perso, j'ai déjà lu "Les talons hauts rapprochent les filles du ciel"...

 

Olivier Gay, Mais je fais quoi du corps?, Paris, Editions du Masque, 2013.

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commentaires

Yv 26/08/2014 09:29

Bien, très bien, je l'ai trouvé un peu différent, dans sa seconde partie notamment, plus noir, moins "léger", peut-être un tournant pour Fitz ?

DF 27/08/2014 22:10

C'est vrai que là, on a l'impression que Fitz prend un peu de plomb dans la cervelle - et pas sous forme de balles. En cas de quatrième roman, aurons-nous affaire à un personnage plus mûr, plus adulte?

Liliba 26/08/2014 09:25

Décidément toujours aussi tentant...

DF 27/08/2014 22:09

Ah, vas-y, tu vas te régaler! A noter qu'il y a trois romans qui mettent l'attachant personnage de Fitz en scène. J'en ai lu deux, il me manque celui du milieu...

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