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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 16:21

hebergeur imageDes écrivains caractériels, des femmes fanatiques pour les (pour)suivre (on penserait presque aux groupies de Costals dans "Les Jeunes filles" d'Henry de Montherlant), et une avocate pour défendre ces dernières à l'aide d'idées généreuses et fondamentales. Tels sont les éléments clés du deuxième roman de Laurence Biava, "Amours mortes". Après "Ton visage entre les ruines", l'auteure propose un livre en forme de collage, aux paragraphes longs et compacts, qui explore les affres de la création et les tourments du sentiment amoureux.

 

Collage, en effet. Au fil des deux parties qui constituent ce roman (puisque après tout, hors narcissisme, il faut bien être deux pour s'aimer), le lecteur découvre les voix successives des personnages: celle d'une avocate, Maître Goetsch, celle de la blogueuse Cassiopée alias Clarisse Klarté, celle d'Elvira Belhaj qui lui fait contrepoint, les figures des écrivains à succès Oracle Ballan et Valentin Paar (un nom qui signifie "paire" en allemand - de là au couple, fût-il contrarié, il n'y a qu'un pas!), etc. Les formes sont bien diversifiées, à l'avenant: billets de blog, extraits de plaidoiries, ébauches de chapitres de roman.

 

Il est à relever, d'ailleurs, que l'intégration de documents au roman est un procédé déjà présent dans "Ton visage entre les ruines", qui explorait déjà la psychologie de ses personnages, selon d'autres voies.

 

Une telle démarche impose des chapitres courts. Leur brièveté offre au roman une respiration bienvenue; elle n'enlève rien à leur densité, parfaitement en phase avec des personnages qu'on sent très proches de ce dont ils parlent. La proximité du sujet va jusqu'au flou artistique le plus déroutant, à l'instar du début du roman, hors prologue: l'auteure choisit de parler des livres en tant qu'objets, à photographier éventuellement de très près.

 

Le prologue, parlons-en: par le biais d'anaphores, il met en avant le mot d'"intensité" - qui concourt aussi, au niveau verbal cette fois, à l'impression de densité et de compacité du récit. Il y a l'intensité des sentiments, certes: "Je T'aime et j'en ai mal à cause de tout cela", lit-on p. 112. Il y a l'intensité de l'implication de l'avocate chargée de défendre Elvira Belhaj, accusée d'avoir tué l'écrivain Valentin Paar, intensité si forte qu'elle permettra l'acquittement de la prévenue. Il y a aussi l'intensité de l'engagement littéraire de Clarisse Klarté - une intensité déçue, pour le coup. Tout cela conduit à deux issues tragiques ("A en mourir.", derniers mots du roman), qui se font écho au fil des deux parties du roman. Deux parties dont le fil rouge est constitué par la figure de l'avocate.

 

Dense jusqu'à en devenir étouffant par moments, le deuxième roman de Laurence Biava fait le pari de l'exigence. Il s'avère riche et précis dans le regard qu'il porte sur l'univers humain qu'il dépeint, et se concentre sur des personnages amenés à aller jusqu'au bout de leurs convictions, de leurs sentiments. Avec intensité, justement.

 

Laurence Biava, Amours mortes, Nice, Ovadia, 2014.

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commentaires

Lokmmann 04/07/2014 00:36

J'aimerais lire ce romain où le trouver ici à Alger

DF 07/07/2014 22:27

Wahou, excellente question! Le mieux serait d'essayer de le demander à un libraire près de chez vous, éventuellement en indiquant son numéro ISBN: 978-2363921147. Sinon, ce roman est vendu sur Amazon, bien sûr.

Je vous en souhaite une très bonne lecture!

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