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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 18:51

hebergeur imageC'est toute une existence que l'écrivaine valaisanne Sonia Baechler met à nu dans "Minutes d'éternité", son premier livre, paru en 2009. Et comme son titre l'indique, cet ouvrage se présente comme une collection de flashes éclatés, d'instants littéraires menus qui portent sur un sujet donné. Les chapitres sont courts, les pages tournent vite, en dépit d'une écriture poétique très travaillée, précise, d'un abord pas forcément aisé.

 

Il y a la religion catholique, empreinte de mystères et de silences qu'on aimerait percer - un aspect qui sera présent aussi dans "On dirait toi", que Sophie Baechler a publié à la fin 2013. Il y a aussi la question de la naissance, celle du mariage, puis de la séparation. Celle de l'amour, encore. Et celle du rejet de tout le poids des conventions.

 

Les voix sont diverses, les personnes (vous, je, elle,...) se succèdent pour parler de la même femme, qui pourrait être l'auteure se regardant dans un miroir en mille morceaux. L'auteure ose même la forme de la page de journal, exclusivement afin de décrire un voyage à Bogotà, par flashes encore plus courts que d'habitude puisqu'ils correspondent à des entrées journalières - ce qui donne de l'importance à cette expédition. Le lecteur peut avoir l'impression, à force de voir le personnage placé au centre de ce livre décrit par des voix aussi diverses qui sont en fait identiques, que l'auteure fait exploser la notion de narrateur. Il n'aura pas tort...

 

Cette diversité des voix reflète la diversité de ce qu'on pourrait appeler des distances focales: l'utilisation d'une troisième personne du singulier, juste après un chapitre à la première personne, donne une saisissante impression de recul, de détachement. Cela suggère que tout au long des pages de ce livre, se déroule une véritable recherche de soi - qui s'achève par un dernier chapitre rédigé à la première personne du singulier, qui résonne précisément comme un retour à soi. La boucle est bouclée: hors préambule (intitulé "Minutes d'éternité"), le premier chapitre de ce livre est aussi rédigé à la première personne du singulier.

 

Est-ce un roman? Les descriptions qu'en font l'auteur et l'éditeur dans le paratexte de l'ouvrage évitent soigneusement le terme, lui préférant celui de livre. Nous respecterons ce refus du terme de "roman". Cela dit, "Minutes d'éternité" emprunte au genre romanesque une certaine forme de narration, éclatée mais indiscutable. Et comme souvent dans la littérature d'aujourd'hui, et en particulier dans les romans actuels, "Minutes d'éternité" joue avec le réel et laisse au lecteur le soin de répondre seul à la question de la réalité des épisodes décrits.

 

Sonia Baechler, Minutes d'éternité, Orbe, Campiche, 2009.

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