Lu par Bull'Elodie, Camille, Denis, Lila.
Le blog de Kirsty Dunbar.
L'Ecosse, Marie Stuart, les Highlands... li n'en faut pas moins pour créer un univers au parfum légendaire et faire naître une saga captivante. C'est ce que propose l'auteure suisse Rachel Zufferey dans son roman "La Pupille de Sutherland". Cet ouvrage d'une ampleur certaine (640 pages) est le premier d'une trilogie dont les deux tomes suivants paraîtront ces prochains mois.
"La Pupille de Sutherland" se présente de manière classique comme un roman à intrigues historique, à la lecture aisée: le style est fluide et les péripéties se succèdent en donnant l'envie d'en savoir plus. Le roman de Rachel Zufferey met en scène Kirsty Dunbar, jeune fille élevée dans la haute société écossaise au temps de Marie Stuart, puis envoyée à la cour de celle-ci à la suite d'une imprudence sentimentale.
Deux éléments dominent "la Pupille de Sutherland": l'histoire et la romance. L'aspect historique s'avère très présent dans la première partie du roman. Il révèle certains aspects pas forcément reluisants de la vie à la cour d'Ecosse en des temps troublés. Le lecteur aura donc droit à son lot d'intrigues de palais, de trahisons et de violences. L'auteure s'est solidement documentée pour asseoir l'aspect historique; à partir de la lecture de deux ouvrages sur Marie Stuart, elle construit une figure crédible, susceptible de frapper les esprits et de susciter l'empathie. C'est d'autant plus méritoire que dans "La Pupille de Sutherland", le personnage de Marie Stuart n'occupe guère le devant de la scène.
Particularité agréablement surprenante, l'auteure fait délibérément fonctionner certains de ses personnages d'une manière tout à fait actuelle. Ainsi voit-on par exemple deux personnages, amoureux sans oser se l'avouer, se lancer un défi de cuisine. Plutôt que d'y voir un anachronisme, le lecteur percevra ici une volonté de souligner le côté intemporel de certaines actions, de certains sentiments - et, en définitive, d'un roman historique.
Au fil de la lecture, la romance s'installe et s'affirme, devenant l'élément moteur de la fin du roman, qui se déroule dans les Highlands, loin des grandes évolutions historiques. Le lecteur devine certes, dès les premières pages de "La Pupille de Sutherland", que Kirsty Dunbar et Hamish Ross (un personnage masculin pétri de paradoxes, à la fois rude et doux, doté d'une épaisseur indéniable qui le rend attachant) devront finir par tomber dans les bras l'un de l'autre. Dès lors, tout l'intérêt du récit, qui emprunte pour le coup au genre de la comédie romantique, réside dans le fait de savoir quelles vicissitudes ils devront traverser pour vivre leur amour. En la matière, le lecteur est servi; et l'auteure ménage même une seconde intrigue sentimentale, autour de deux autres personnages, afin de captiver ceux qui en voudraient encore plus.
"La Pupille de Sutherland" est le premier tome d'une trilogie, ai-je dit. Ce roman se suffit à lui-même, fermant l'essentiel des portes qu'il ouvre. Cela dit, il porte en lui les germes de suites qu'on devine captivantes. Il n'est qu'à penser aux nombreuses naissances qui ponctuent la fin du roman: tout se passe comme si l'auteure avait voulu assurer ainsi la relève. Et puis, alors que tant de romans s'achèvent sur un mariage, il sera plus qu'intéressant de découvrir ce qu'il adviendra après la noce de Kirsty Dunbar et Hamish Ross...
Rachel Zufferey, La Pupille de Sutherland, Lausanne, Plaisir de lire, 2013.
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