Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 21:19

hebergeur imageLu par Extravagant, Fantasia, Goutte, Hélène, La Fabrique à rêves, Marie H., Moon, Otium, Paul P., Sandrine, Sophie, Thaïssou.

Le site de Christophe Léon.

 

Un père divorcé emmène son fils à la campagne. Ambiance tendue, accident, fuite du père en voiture, avec le fils... un chapitre court et tout démarre. "Délit de fuite" est un excellent roman jeunesse signé Christophe Léon. Il est bien écrit, solidement construit et aborde des thèmes peu évidents mais qui concernent les adolescents, qui sont le public visé par ce livre.

 

Côté écriture, le lecteur appréciera la construction à deux points de vue: celui de Sébastien, fils du père qui commet le délit de fuite, et celui de Loïc, fils de la victime - une femme, qui perdra la mémoire des suites de l'accident. Ces deux points de vue s'expriment en alternance stricte, et se distinguent par l'utilisation du "je" pour Sébastien et par le "tu" pour Loïc. Ce sont deux manières d'interpeller le lecteur. La troisième personne du singulier interviendra dès lors que les deux garçons vont se rencontrer et s'apprécier.

 

L'auteur a aussi un sens du rythme. On goûte ses successions de phrases sans verbe, qui recréent un stress, une tension dans le récit et l'accélèrent. D'une manière générale, l'écriture est du reste fluide, sans fioriture, et appelle une lecture rapide: ça se dévore.

 

Et mine de rien, les thèmes abordés n'ont rien de facile: autour de l'adolescence, il y a l'école, l'alcoolisme, le divorce, la perte d'êtres chers, le fait d'assumer ou non, le handicap... En contrepoint, les scènes situées dans la nature, en particulier la partie de pêche, constituent des contrepoints qui peuvent paraître reposants. Naturellement, la relation, marquée par un désenchantement brutal, entre un fils et un père qui s'avère lâche occupe le coeur de ce roman: comment se positionner? On sent que Sébastien se cherche, et recherche l'épreuve de force avec son père. Du reste, les existences de tous les personnages se trouvent chamboulées par l'accident, d'une manière ou d'une autre. L'auteur les laisse évoluer...

 

... et boucle sur une fin ouverte. "Délit de fuite" est un roman intelligent, nerveux, tout en tensions, qui se dévore certes, mais donne aussi à réfléchir sur quelques thèmes et situations difficiles.

 

Christophe Léon, Délit de fuite, Genève, La Joie de lire, 2011.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Mélusine 19/10/2013 08:55

Je l'ai lu aussi récemment, je trouve que c'est une belle découverte. Un téléfilme avec Cantona a été réalisé.

DF 22/10/2013 23:10

Pareil - il est très cordial! :-)

Mélusine 22/10/2013 23:04

Je l'ai rencontré à Troyes, je l'ai trouvé très sympathique!

DF 22/10/2013 22:41

J'ai entendu parler du téléfilm. Par ailleurs, j'ai rencontré l'auteur dimanche à la Fête du Livre de Saint-Etienne...

Au revoir là-haut de Pierre Lemaitrehomb 16/10/2013 14:45

Rien que le titre, ça donne envie de lire. Merci pour le partage!

DF 22/10/2013 22:41

Pas de quoi! C'est un très bon roman jeunesse.

Liliba 13/10/2013 16:48

oh oh je note pour moi et aussi pour mes deux grands !

Liliba 13/10/2013 21:36

Je te laisse juge !

DF 13/10/2013 20:14

J'ai pensé à eux lors de ma lecture, en effet! C'est un bon roman jeunesse, bien écrit qui plus est, avec un soupçon d'intrigue policière pour pimenter, autour du délit de fuite. Peut-être assez, déjà, pour ton défi "Thrillers"?

Présentation

  • : Le blog de Daniel Fattore
  • Le blog de Daniel Fattore
  • : Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.
  • Contact

Les lectures maison

Pour commander mon recueil de nouvelles "Le Noeud de l'intrigue", cliquer sur la couverture ci-dessous:

partage photo gratuit

Pour commander mon mémoire de mastère en administration publique "Minorités linguistiques, où êtes-vous?", cliquer ici.

 

Recherche

 

 

"Parler avec exigence, c'est offrir à l'autre le meilleur de ce que peut un esprit."
Marc BONNANT.

 

 

"Nous devons être des indignés linguistiques!"
Abdou DIOUF.